Blast auriculaire

B. Aupy, P. Clément, A. Crambert, E. Roguet, C. Conessa Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, Oto-rhino-laryngologie, 2013, vol 8, n°1, 20-910-A-10, 8 pages. Bibliographie
Cet article traite du blast auriculaire secondaire à une explosion.
L’explosion provoque une onde de choc qui se déplace, à l’origine du souffle qui affecte principalement les organes renfermant de l’air et de densité hétérogène (oreilles, poumons, tube digestif).
Le blast auriculaire peut être associé à d’autres atteintes viscérales qui peuvent engager le pronostic vital. Il peut dès lors être occulté par des pathologies plus lourdes d’autant qu’il survient souvent en situation dégradée (afflux de blessés, contexte de guerre, d’attentat terroriste ou d’accident industriel). Le rôle de l’ORL est alors secondaire et n’intervient qu’une fois le patient stabilisé.
Le blast se caractérise par une atteinte tympanique qui peut aller de la simple ecchymose à la perforation, par une atteinte du système ossiculaire, et une perte auditive initiale constante qui peut régresser partiellement ou totalement.
Dans tous les cas, le patient exposé à un blast par explosion doit être hospitalisé pour surveillance durant 24 à 48 heures pour éliminer un blast pulmonaire d’apparition retardée, explorer les lésions auditives qui seront source de handicap à distance et bénéficier d’une évaluation psychologique.
Les risques sont ceux de cholestéatome, d’acouphènes et d’hyperacousie, de surdité définitive mais aussi de troubles anxiodépressifs, de syndrome post traumatique (en cas d’attentat ou de fait de guerre).
La prise en charge est médicochirurgicale adaptée au cas par cas, à l’état du patient et à la situation environnementale.
"Les patients porteurs de séquelles physiques ou psychologiques secondaires à un attentat et constatées après le 31 décembre 1984 bénéficient du barème des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. A cela s’ajoute la répartition intégrale des autres préjudices patrimoniaux et personnels sur la base du barème des invalidités en droit commun ".
(publié le 4 avril 2013)