Brûlure à l’antirouille (fluorure d’hydrogène ou acide fluorhydrique)

T. Barnoux, L. Coates, A-C. Fougerousse La Presse médicale, 2015, vol.44, n°10, pp. 1087-1091. Bibliographie
Il est rapporté un cas survenu en mer à bord d’un bateau, loin des côtes après que la personne ait traité la coque de son bateau pendant plusieurs heures à l’aide d’un produit antirouille sans respect des règles de prévention.
Des phlyctènes sont apparues sur 4 doigts de la main droite ainsi qu’un début de nécrose de la pulpe de l’index gauche. L’examen clinique était normal d’un point de vue cardiaque et neurologique et l’électrocardiogramme était sans particularité.
Il s’agit d’une brûlure au fluorure d’hydrogène.
La conduite à tenir est un rinçage immédiat à l’eau (le FH étant soluble dans l’eau), suivi d’un traitement local par des compresses imbibées de gluconate de calcium et d’une perfusion de ce même produit. La surveillance en réanimation est indispensable.
L’antirouille doit s’utiliser dilué et la protection des mains est indispensable par des gants imperméables.
"La toxicité est due aux ions fluorure qui chélatent le calcium en provoquant une hypocalcémie, parfois profonde, responsable d’effets locaux (nécrose tissulaire) et systémiques (myoclonies, convulsions, troubles de la conduction cardiaque responsables de mort subite). Les douleurs résultent de la libération du potassium intracellulaire et de décharges de terminaisons sensitives liées à la déplétion calcique. Le contact avec la peau et les muqueuses provoquent des brûlures caustiques torpides, s’aggravant secondairement en profondeur".
(publié le 14 janvier 2016)