Exposition à la température de l’air et accidents du travail en extérieur : un effet significatif du froid dans l’Italie Centrale
Air temperature exposure and outdoor occupational injuries : a significant cold effect in central Italy

M. Morabito, M. Iannucilli, A. Crisci, V. Capecchi, A. Baldasseroni, S. Orlandini, G.F. Gensini Occupational and Environmental Medicine, 2014, vol 71, n°10, pp 713-716. Bibliographie.
L’objectif de cette enquête italienne était d’explorer l’effet à court terme de la température de l’air sur les accidents du travail en extérieur (AT en ext) dans l’Italie Centrale, en prenant également en compte différents facteurs géographiques et les branches professionnelles des travailleurs concernés. Les AT en ext pour toute la Toscane (Italie Centrale), survenus entre 2003 et 2010 (n = 162 399), ont été fournis par l’Institut National d’Assurances pour les accidents du travail et les maladies professionnelles. Des données météorologiques quotidiennes représentatives de la zone géographique étudiée ont été obtenues à partir des archives de ré-analyse de l’Agence Européenne de Ré-analyse Climatologique. Les relations entre les variations à court terme de la température de l’air et les AT en ext ont été étudiées au moyen de Modèles Additifs Généralisés.
Les courbes exposition-réponse des AT en ext et des variations à court terme de la température de l’air montraient des augmentations significatives des AT en ext lorsque des conditions de froid survenaient. Le point de rupture de la température de l’air correspondait au dixième centile (- 0,8°C) des séries température de l’air au cours du temps dans cette enquête : une diminution de 1°C de la température au-dessous du dixième centile correspondait à une augmentation de 2,3 % (IC 1,3 à 3,3 %) des AT en ext dans l’ensemble de la Toscane. L’effet du froid était le plus fort dans les plaines, en particulier quand les AT en ext survenaient dans des véhicules autres que des voitures.
Aucune relation des accidents avec les températures extrêmes n’a été observée chez les travailleurs qui passent en général la moitié ou plus de leur temps en extérieur, comme les travailleurs du bâtiment, les agriculteurs ou les forestiers.
Cependant, ces derniers travailleurs en extérieur montraient des associations linéaires significatives des accidents avec des températures typiques (normales/extrêmes).
En conclusion, cette enquête portant sur une grande population met en lumière les effets significatifs et indépendants des variations de température de l’air à court terme (en particulier le froid) dans le déclenchement des AT en ext..
Ces résultats représentent la première étape vers le développement d’un système d’alerte, différencié géographiquement, de la santé au travail en extérieur en fonction de la température destinée à prévenir les accidents du travail en extérieur.
(publié le 29 janvier 2015)