Intoxication aux organophosphorés.
Des convulsions trompeuses

L. Jacolot, P. Crom, Y. Auffret, F. Soufflet, L. Picault, J. Bessereau, T. Klotz Le Concours Médical, 2009, n°5, p. 159-161. Bibliographie

L’article propose une observation concernant un homme de 52 ans, victime d’une crise comitiale généralisée, avec récidive à l’hôpital, suivie d’un syndrome confusionnel et d’un arrêt ventilatoire sans arrêt cardiaque qui le conduit en réanimation. Ce n’est que tardivement qu’il révèlera qu’il a ingéré volontairement un produit de jardinage ; ce qui permet d’expliquer la pneumopathie (due à l’hypersécrétion bronchique) et les clonies de la main et du visage. Ce cas d’intoxication aux organophosphorés est inhabituel car les convulsions vraies ne sont pas typiques du début de ce type d’intoxication. La symptomatologie se manifeste habituellement dans les 12 à 24 heures suivant l’exposition : signes neurologiques associant syndrome muscarinique, syndrome nicotinique, syndrome central, signes respiratoires, signes cardiovasculaires, signes digestifs. Le décès peut survenir par anoxie en lien avec la paralysie respiratoire, ou par arythmie cardiaque ventriculaire. La thérapeutique commencera en cas de contamination cutanée ou muqueuse par déshabillage et lavage de la peau à l’eau javellisée et des muqueuses au dakin, ou en cas d’ingestion, par lavage gastrique (uniquement dans les trente premières minutes et avec précaution). Le traitement symptomatique est à visée respiratoire (oxygénothérapie, libération des voies aériennes, intubation et assistance respiratoire) complété par le contrôle des convulsions par diazepam ou clonazepam. Le traitement spécifique est représenté par l’atropine (véritable antidote des organophosphorés) et le pralidoxime qui régénère l’acétylcholinestérase.

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(publié le 20 juillet 2009)