L’intoxication aiguë au monoxyde de carbone : un risque professionnel persistant

J-C. Normand, C. Durand, B. Delafosse Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement , 2011, vol.72, n°3, pp.240-245. Bibliographie
Les intoxications au monoxyde de carbone restent fréquentes et graves, témoin les 1178 patients traités au centre de médecine hyperbare de Lyon pour intoxication aiguë au CO de janvier à avril 2005. Les victimes sont essentiellement des hommes (92% des cas) utilisant un moteur thermique en milieu souterrain ou confiné. Les salariés du BTP sont les plus représentés (50% des cas) et dans 14% des cas, les victimes appartiennent au milieu industriel. Enfin des professions diverses se partagent 31% des cas pour lesquels, excepté quelques métiers spécifiques comme boulangers ou viticulteurs, il y a eu une situation à risque non directement liée à la profession exercée.Toutes les tranches d’âge sont représentées et 44% des victimes ont au moins 40 ans.
Pour 86% des victimes, il y a eu perte de connaissance, suffisamment brutale pour occasionner des blessures sérieuses chez deux victimes. Les symptômes habituellement décrits sont : céphalées, nausées, vertiges et asthénie.
Une personne est décédée et le dosage d’HbCO réalisé au centre de médecine hyperbare était de 23,7% après oxygénothérapie.
Au terme de cette étude, il apparaît que l’information, la formation et la prévention sont nettement insuffisantes ; la gravité et la fréquence de ces accidents justifient des actions de prévention avec un rôle central du médecin du travail.
(publié le 19 septembre 2011)