Les accidents du tertiaire
Des risques très divers pour une même activité de services

C. Tissot Hygiène et sécurité du travail, 2012, n°228, pp.3-14. Bibliographie.
"Le secteur tertiaire comprend un large éventail d’activités correspondant à la fourniture de services immatériels, le commerce, les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises, les services aux particuliers, l’éducation, la santé et l’action sociale et l’administration".
Les données de la base EPICEA ont été utilisées pour caractériser 6 050 accidents survenus dans ce secteur entre 1990 et 2010 ; ces accidents concernent principalement trois grands ensembles d’activités : le transport, le commerce et la réparation et les services aux entreprises dont l’intérim.
Les accidents sont essentiellement des accidents routiers (45% des cas) , des accidents de la voie publique, des agressions, des suicides et des malaises.
Ils surviennent surtout en début ou en fin de journée, à l’heure du déjeuner, la nuit et les week-ends.
Les salariés sont plus souvent des femmes, des conducteurs de véhicules, des techniciens et technico-commerciaux, des employés et vendeurs, des personnels des services et de la vente ainsi que des directeurs et gérants.
Le risque routier professionnel est la première cause de décès au travail en France. Un accident de travail mortel sur quatre est en lien avec un accident de la route et dans l’activité transport, un décès sur deux est un accident de la route.
Les agressions (rixes, attentats, agressions par arme à feu ou arme blanche ou explosifs) représentent près de 3% des accidents enregistrés dans le secteur tertiaire. Elles sont plus fréquentes dans les activités culturelles et sportives, les activités où se mêlent public et population salariée (discothèques, brasseries, bars, cafés, restaurants, hôtels) et l’action sociale et concernent le plus souvent des employés et des vendeurs. Les facteurs aggravants sont : être femme, travailler en région parisienne ou marseillaise, appartenir à une entreprise de moins de dix salariés.
Les contacts avec le public favorisent le risque d’agression verbale ou physique.
Les suicides sont deux fois plus fréquents dans le secteur tertiaire (essentiellement les domaines de la santé, de l’action sociale, des finances, des assurances et des services fournis aux entreprises). Il s’agit le plus souvent de directeurs ou gérants, d’employés-vendeurs, d’éducateurs, d’agents commerciaux,de comptables, de gardiens, dans les classes d’âge 40-49 ans et 60-64 ans. Le passage à l’acte a lieu dans 70% des cas dans l’établissement employeur.
Les renversements de piétons sont associés largement aux activités de transport routier de marchandises et surviennent sur des voies internes ou externes à l’entreprise mais aussi sur la voie publique (enlèvement des ordures ménagères par exemple).
Les malaises concernent plutôt les plus de 40 ans et en particulier lors de manutentions manuelles.
Outre les pénibilités mentales qui caractérisent les secteur tertiaire, s’ajoutent les pénibilités physiques particulièrement dans la restauration, le commerce de gros et les hypermarchés. C’est ainsi que sont toujours présents dans le secteur tertiaire : les accidents de machines et d’appareils, les chutes de hauteur ou de plain-pied, les chutes d’objets, les accidents de manutention, les risques électrique, chimique ou thermique.
Les accidents de travail du secteur tertiaire sont graves (81% de décès) en lien avec les accidents routiers ou plus rarement les accidents d’avion, mais aussi les malaises, les rixes et agressions diverses. Les suites mortelles de l’accident sont plus fréquentes après 40 ans.
8 accidents du travail sur 10 surviennent dans les créneaux horaires 8 h à 12 h et 14 h à 17 h avec une fréquence plus importante entre 10 et 11 heures.
(publié le 22 novembre 2012)