Les accidents du travail de la main
Une gravité qui doit inquiéter

J. Bordron, C. Terrien, G. Grillet Préventique, 2013, n°131, pp. 41-43
L’étude présentée "repose sur l’observation et l’analyse des accidents de travail de la main à l’échelle de la région Pays-de-la-Loire et de sept branches professionnelles en s’appuyant sur plus de 30 000 déclarations d’AT de la main et sur les données et témoignages obtenus auprès de plus de 550 entreprises".
33% des accidents se produisent dans le BTP, 23% dans l’intérim, 19% dans la métallurgie, 12% dans l’industrie agroalimentaire, 5% dans la plasturgie, 4% dans le nettoyage industriel, 2% dans l’industrie du bois.
L’âge, l’ancienneté du salarié dans l’entreprise ou la qualification ne sont pas significatifs, bien que la non qualification soit un facteur non négligeable.
Les accidents les plus fréquents ont lieu lors de manutentions. Les situations semblent plus accidentogènes lors du déroulement des activités que lors de leur démarrage.
Les durées d’arrêt de travail sont deux fois plus longues que pour les autres accidents et les frais générés sont multipliés par quatre. En fait, il n’existe pas d’AT de la main moyennement grave.
Un certain nombre de machines fixes et d’outillages à main sont générateurs d’accidents de travail de la main mais il persiste encore de nombreux postes non sécurisés, un défaut d’accompagnement des salariés ou des conditions de travail inadaptées.
Une mission de veille à propos des gants n’existe que dans 50% des entreprises.
40% des entreprises ne connaissent pas les premiers gestes ou actions à entreprendre en cas d’accident de la main et près d’un tiers ignorent les coordonnées du centre médical spécialisé de la main le plus proche.
L’information devra également concerner les accidents domestiques de la main (1,4 millions par an dont 620 000 graves) et viser une homogénéité de comportement entre les activités professionnelles et les activités domestiques.
(publié le 2 janvier 2014)