Projections oculaires de substances caustiques
Prise en charge en milieu professionnel

F. Testud Le Concours Médical, 2011, vol.33, n° 2, pp.142-143. Bibliographie
70% des brûlures chimiques sévères de l’œil surviennent en milieu industriel où sont manipulées les substances les plus agressives et les plus corrosives.
Les lésions sont de gravité variable allant de l’hyperhémie conjonctivale à l’atteinte de tout le segment antérieur de l’œil pouvant conduire à la cécité.
Le médecin du travail a pour mission d’évaluer le risque, de mettre en œuvre des mesures de prévention primaire (substitution éventuelle, dispositifs de protection collective, EPI adaptés) et de rédiger les protocoles de soins d’urgence.
La gravité de la projection oculaire dépend de la causticité intrinsèque du produit impliqué, de sa concentration et du temps de contact avec l’œil donc du délai de mise en oeuvre de la décontamination.
Ce sont essentiellement les acides et les bases minérales fortes, qui sont responsables des brûlures les plus graves.
Les caustiques secondaires comprennent une multitude de substances souvent responsables de brûlures retardées. Certains composés peu agressifs en eux-mêmes subissent une hydrolyse au contact des larmes et des enzymes qu’elles contiennent (il en est ainsi du sulfate de diméthyle largement utilisé qui s’hydrolyse en acide sulfurique et méthanol).
L’urgence est de décontaminer : lavage immédiat sur les lieux mêmes de l’accident, abondant et prolongé, à l’eau courante. Différentes études n’ont pas montré la supériorité des substances hyperosmolaires si ce n’est un retour plus rapide à la normale du pH intraoculaire. Mais leur péremption rapide, leur coût élevé plaident largement en faveur d’une décontamination rapide et abondante avec de l’eau.
(publié le 10 mai 2011)