Risque routier : une exposition sous-évaluée

Protection individuelle et collective (PIC), 2015, n°92, pp.42-44

Les accidents mortels routiers de mission représentent environ 25% des accidents mortels au travail. Chaque année, plus de 100 salariés décèdent dans ces circonstances.
La perception du risque routier progresse mais reste insuffisante dans le monde de l’entreprise.
Sur 47% des entreprises disposant d’un document unique d’évaluation des risques (DU), seulement 68% ont identifié le risque routier en tant que premier risque et seulement 38% des entreprises ayant finalisé leur DU ont mis en œuvre des solutions préventives mais limitées bien souvent à de simples consignes à savoir : interdiction des SMS et des appels au volant ou contrôle périodique de la validité des permis.
Les chefs d’entreprise pensent souvent que la prévention et la lutte contre les risques routiers sont complexes et onéreuses. Rien n’est moins vrai.
Hélas la démarche de prévention fait souvent suite à un accident grave ou lorsque la sinistralité due aux accidents répétés les met en difficulté vis-à-vis de leur assureur.
Il faut commencer par la prévention primaire et agir sur l’organisation du travail, c’est à dire :

  • réduire ou éviter autant que possible le recours à la voiture pour les déplacements,
  • s’astreindre à un entretien strict de la flotte de véhicules et des équipements,
  • diminuer tout ce qui peut distraire le conducteur, (et donc prévoir des arrêts réguliers pour gérer tranquillement les appels téléphoniques).

L’entreprise

  • créera un comité de pilotage qui chapeautera la démarche,
  • collectera et analysera les indicateurs (accidents de trajet, évolution de la flotte d’entreprise, identification des collaborateurs concernés, kilométrage annuel, nombre de constats amiables, évolution des primes d’assurances, nombre de contraventions, consommation en carburant, frais de péage..),
  • observera le travail des collaborateurs et analysera les situations de travail,
  • analysera les causes de prises de risques (éventuelle démarche commerciale pourvoyeuse de dangers) et
  • formera les managers et les conducteurs pour les aider à intégrer principes et procédures en vue d’une réduction des risques.
(publié le 31 août 2015)