Traumatismes sonores aigus

J.B. Nottet, A. Moulin, A. Crambert, D. Bonete, A. Job Encyclopédie Médico - Chirurgicale (EMC), Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Oto-rhino-laryngologie, 2009, 20-185-A-10, 10 pages. Bibliographie.

Les traumatismes sonores aigus, (TSA) qu’ils soient en lien avec des bruits impulsionnels ou des bruits continus de forte intensité, entraînent des lésions auditives dès lors que la cochlée absorbe instantanément une quantité d’énergie excédant ses capacités de tolérance. Les lésions mécaniques et métaboliques engendrées aboutissent à la mort des cellules ciliées par apoptose ou par nécrose. Selon la quantité d’énergie ayant pénétré dans l’oreille, les lésions sont ou non réversibles. Les symptômes cliniques les plus habituels sont : acouphènes, hypoacousie, hyperacousie douloureuse. L’otalgie de survenue immédiate après le traumatisme est fugace et inconstante. L’audiométrie tonale liminaire peut s’avérer être un examen difficile dans les suites immédiates du TSA du fait de la présence d’acouphènes continus et intenses. Les otoémissions acoustiques permettent d’affiner et de rendre plus objectif le bilan auditif initial ; elles s’avèrent également être un meilleur indicateur prédictif de la persistance des acouphènes que les seuils audiométriques. Plus on s’éloigne du traumatisme initial et plus les chances de récupération diminuent, l’essentiel de la récupération se produisant dans les trois ou quatre premiers jours d’évolution d’un TSA. La précocité de la prise en charge est un facteur pronostique essentiel de la récupération auditive. De nombreuses thérapeutiques sont proposées au premier rang desquelles les corticoïdes qui doivent être administrés le plus tôt possible. Néanmoins ils ne permettent une récupération complète que dans 10 à 20% des cas. Dans l’avenir, il est probable que des traitements locaux transtympaniques soient proposés après que leur efficacité chez l’homme ait été démontrée.

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(publié le 14 mai 2009)