Accidents dus à l’électricité

A. Lellouch, M. Chaouat, M. Mimoun, M. Legrand Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2016, vol.11, n°4, 16-515-A-10, 14 p. Bibliographie

L’électrisation correspond à l’ensemble des manifestations cliniques liées au passage du courant électrique à travers un organisme vivant. L’électrocution correspond à un décès par électrisation.
Le nombre d’accidents électriques (AE) est voisin de 6000 à 8000 cas par en France. Dans le cadre des accidents du travail, 0,7% des AE sont mortels.
Les lésions induites dépendant des paramètres du courant électrique. C’est l’intensité qui tue et la tension qui brûle.
Le passage du courant électrique est responsable de brûlures vraies : le point d’entrée est une brûlure souvent localisée et profonde se propageant en zones concentriques. Le point de sortie (généralement loin du point d’entrée), unique ou multiple se présente communément comme une petite zone de nécrose. Outre les brûlures cutanées apparentes, il faut se préoccuper des lésions tissulaires sous-jacentes habituellement beaucoup plus graves.
En cas d’arc électrique induit par les hauts voltages, les brûlures sont le plus souvent cutanées et profondes sans forcément passage du courant dans le corps. Les accidents dus à la foudre ont une symptomatologie très hétérogène.
Les brûlures par flash électrique provoquent des lésions volontiers étendues, généralement de 2e degré profond ou de 3e degré compliquées fréquemment d’une atteinte ophtalmologique.

Un grand nombre d’électrisés présente des troubles cardiovasculaires : arrêt cardiaque avec mort subite, syndrome coronarien aigu, troubles du rythme, troubles de la conduction, lésions vasculaires.
Peuvent apparaître des manifestations neurologiques extrêmement variées dont certaines mortelles ou invalidantes.
Peuvent s’ajouter des manifestations musculo-squelettiques (rhabdomyolyse), des atteintes rénales, respiratoires, digestives, osseuses.
Un électrocardiogramme (ECG) sera effectué pour tout patient victime d’une brûlure électrique.

En cas d’accident, couper le courant, prévenir le risque d’une chute lors de la coupure, appeler le Samu-centre 15 et en cas d’état de mort apparente, commencer une réanimation cardiopulmonaire et utiliser le défibrillateur.
En cas de perte de connaissance initiale, d’anomalie à l’ECG ou de déficit neurologique, le sujet sera hospitalisé en unité de soins intensifs, éventuellement dans un centre de brûlés.
En cas de lésion cutanée, assurer une antibiothérapie préventive si plaies souillées ou fractures ouvertes.
En cas de plaies, penser à la vaccination antitétanique.
Après d’éventuels gestes chirurgicaux réalisés en urgence, peuvent être réalisées des excisions emportant des nécroses, plus tard des autogreffes. Les séquelles fonctionnelles peuvent être lourdes nécessitant rééducation et prise en charge psychologique.
Au total, la morbidité liée aux accidents électrique est particulièrement élevée.
Les efforts portant sur la prévention sont donc essentiels en particulier vis-à-vis des professionnels exposés.

(publié le 16 décembre 2016)