Accidents exposant au sang en France

N. Floret, F. L’Hériteau, D. Abiteboul, C. Verdun-Esquer, A. Berger-Carbonne, C. Rabaud
Entre 2008 et 2015, les taux d’accidents avec exposition au sang ont diminué de 23% pour 100 lits au sein des établissements de santé et notamment les accidents percutanés liés au non-respect des précautions standard. On note une augmentation du port de gants et le recours croissant à des dispositifs médicaux sécurisés. Il est à regretter que la mise à disposition du collecteur pour objets perforants à proximité du geste ne s’améliore pas. Les efforts méritent d’être poursuivis. Il importe de maintenir un haut niveau de connaissance sur ces accidents afin de disposer d’éléments de surveillance qui vont guider les actions de prévention.
Dans les établissements médico-sociaux et en ville, la surveillance n’est pas mise en place et les informations ne reposent que sur les travaux de publication ou rapportés lors de congrès. Dans ces établissements, le risque est faible (1 accident par an et par établissement), mais les accidents auraient pu être évités dans la plupart des cas, par la seule observance des précautions standard. Il faut conserver une vigilance quotidienne dans la mesure où les personnels de soins accompagnent des personnes dont ils ne connaissent pas forcément le statut (VIH, VHB, VHC), tout au moins à l’admission.
En ville, les accidents atteignent 7,1 piqûres pour 100 préleveurs et par an. Si le collecteur est utilisé essentiellement au cabinet, les gants sont rarement portés. Les infirmières seraient victimes d’au moins 63 accidents percutanés par an pour 100 infirmières (97% de piqûres et majoritairement lors d’injections sous-cutanées).
Au total, 1/4 des professionnels de santé déclare avoir déjà été victime d’un AES mais la démarche d’évaluation du risque au décours de l’accident n’a eu lieu que pour moins de la moitié d’entre eux.
L’accès à la prévention reste une priorité vis-à-vis des professionnels de santé (mesures organisationnelles, techniques, formations) à maintenir dans les établissements de santé mais à organiser ou/et à soutenir en ville et dans le secteur médico-social.
(publié le 31 mai 2018)