Association entre température ambiante élevée et accidents de travail : une analyse de cas croisés utilisant des données sur les demandes d’indemnisation en accident de travail
Association between high ambient temperature and acute work-related injury : a case-crossover analysis using workers’compensation claims data

J. McInnes, M. Akram, E. MacFarlane, T. Keegel, M. Sim, P. Smith Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2017, vol 43, n°1, pp. 86-94. Bibliographie.

L’objectif de cette étude canado-australienne est d’étudier l’association entre température ambiante élevée au travail et accident de travail, en s’appuyant sur de précédentes recherches dans ce domaine. De façon plus précise, les auteurs ont examiné la relation entre les températures de jour et de nuit et le risque d’accident en distinguant les expositions professionnelles physiquement exigeantes, les expositions aux conditions de travail en plein air.

Une étude cas-témoin stratifiée dans le temps a été utilisée pour examiner l’association entre les températures ambiantes et les accidents du travail à Melbourne (Australie) entre 2002 et 2012 en utilisant les demandes d’indemnisation d’accidents de travail des travailleurs.

La relation a été évaluée à la fois pour les températures maximales et minimales journalières à l’aide d’une régression logistique conditionnelle. Des associations significativement positives entre la température et les accidents de travail ont été observées chez les jeunes travailleurs (<25 ans), les probabilités d’accident de travail augmentant de 1 % pour chaque augmentation de 1°C de la température minimale quotidienne et de 0,8 % pour 1°C d’augmentation de la température maximale quotidienne. Des associations statistiquement significatives ont également été observées entre température maximale quotidienne et risque d’accident de travail pour les travailleurs occupant des professions exigeantes au niveau physique et pour les hommes ; et entre une température minimale journalière et le risque d’accident de travail dans tous les cas combinés : les femmes, les travailleurs de 25 à 35 ans et ≥ 55 ans, les groupes avec une exigence physique légère ou limitée, et dans les groupes d’exposition professionnelle en « véhicule » et en « atmosphère climatisée ».

Les jeunes travailleurs, les hommes et ceux ayant une activité physique lourde courent un risque accru d’accident de travail lors des journées chaudes, et un plus large éventail de sous-groupes de travailleurs sont vulnérables aux accidents après une nuit chaude. A l’aube des perspectives de changement sur le climat, cette notion est importante dans la stratégie d’information pour la prévention des accidents de travail.

(publié le 2 juin 2017)