Caractéristiques des accidents du travail par exposition toxique dans la région des pays de la Loire : étude prospective au centre antipoison d’Angers, de mai 2014 à mai 2015

C. Gallet, D. Boels, A. Petit Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2017, vol.78, n°2, pp.147-155. Références
Une étude prospective monocentrique a été menée à partir des appels téléphoniques au centre anti-poison et de toxicovigilance (CAP-TV) d’Angers sur 12 mois, en lien avec des accidents du travail (AT) liés à une exposition d’origine toxique.
Au total, 850 dossiers ont été colligés, concernant une exposition professionnelle dont 440 dans un contexte d’AT.
Les AT sont survenus majoritairement durant les mois de septembre, décembre et mars. 390 (84,2%) étaient de gravité faible, avec un nombre de jours d’arrêt de travail de 5,6 jours en moyenne. Les secteurs les plus concernés étaient l’industrie, l’agriculture et la santé. En été, il n’a pas été noté de hausse du nombre d’AT mais une augmentation des cas graves en lien probable avec l’embauche pendant les congés, de travailleurs intérimaires, moins expérimentés.
75,2 % des AT étaient liés à la tâche et 8,8% à des ruptures ou fuites sans manipulation, 5,8% étaient dus à des ingestions de toxiques suite à des déconditionnements et des projections involontaires de la part d’une tierce personne.
Dans la majorité des cas, les accidentés n’ont rapporté ni insuffisance de formation, ni insuffisance de prévention des risques liés à l’activité de travail en général. Le port des EPI n’était effectif que dans moins de la moitié des cas ; mais les dernières recherches en ergotoxicologie "ont montré que le port d’un EPI face à un risque chimique pouvait entraîner une diminution du développement des savoir-faire et ainsi parfois avoir pour effet pervers d’augmenter l’exposition réelle des travailleurs aux agents toxiques".
Les entreprises de moins de 10 salariés étaient les plus représentées et le médecin du travail n’a généralement que des retours très partiels ce ces accidents, ce qui peut nuire à la prévention.
En ce qui concerne les travailleurs indépendants, l’absence de suivi médical concourt à la méconnaissance des expositions professionnelles et l’étude montre qu’ils déclarent peu les AT (13,9% des cas colligés mais cet effectif est probablement sous-estimé).
Cette étude "pointe les intérêts d’une collaboration plus rapprochée entre les CAP-TV et les services de santé au travail".
(publié le 13 juillet 2017)