Risques de la plongée sous-marine et du travail en milieu hyperbare

B. Loddé, B. Pillet, J-E. Blatteau, R. Pougnet, J-D. Dewitte, J-L. Méliet Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2017, vol.12, n°2, 16-560-A-10, 10 pp. Références.

Le travail hyperbare expose à un certain nombre d’accidents et de maladies, parmi lesquels :

  • les barotraumatismes consécutifs aux variations de volumes gazeux dans les cavités aériques de l’organisme, principalement au niveau de l’appareil respiratoire et auditif mais aussi au niveau du tube digestif ou des dents ;
  • les atteintes toxiques (ou biochimiques) liées aux variations de pression partielle des gaz respirés (hyperoxie, hypercapnie, narcose avec l’azote ou syndrome nerveux des hautes pressions avec l’hélium) ;
  • les accidents de désaturation (ADD) liés à un relargage dans la circulation ou les tissus, de gaz sous forme de bulles au moment de la décompression ; ils surviennent dans 0,01 à 0,02 % des plongées (les ADD neurologiques médullaires laissent 20 à 30% de séquelles à l’issue de la prise en charge en centre hyperbare). Les manifestations biologiques accompagnant les ADD : amas plaquettaires, thromboses, vasoconstriction, stase circulatoire, extravasation plasmatique, œdèmes interstitiels, peuvent conduire à un arrêt circulatoire dans la micro circulation et à une ischémie ;
  • l’ostéonécrose dysbarique considérée comme une manifestation retardée ou secondaire à un ADD ;
  • les œdèmes pulmonaires initiés par les modifications hémodynamiques liées à l’immersion, l’effort physique, le froid, le stress psychologique et la ventilation en charge, aux déplacements de masse sanguine et à l’augmentation du travail ventilatoire.

Les manifestations au long cours de l’hyperbarie sont :

  • l’ostéonécrose avec ou sans atteinte articulaire, intéressant l’épaule, la hanche et le genou,
  • les syndromes vertigineux et les otites moyennes chroniques,
  • les hypoacousies par lésion cochléaire irréversible,
  • de petites lésions cérébrales ischémiques infracliniques, conséquence de bulles intravasculaires qui créent des altérations des fonctions supérieures tels des troubles de la mémoire ou de la concentration,
  • des possibles effets sur le poumon (diminution de la capacité vitale forcée, du VEMS, des débits expiratoires maximaux, diminution de la capacité de transfert du monoxyde de carbone [DLCO]).

"La prévention de ces risques réside dans la formation professionnelle, le respect des procédures de sécurité sur les chantiers, et la surveillance de l’état de santé des travailleurs. _ La Société de physiologie et de médecine subaquatiques et hyperbares de langue française et la Société française de médecine du travail ont élaboré conjointement dans ce but des recommandations de bonne pratique".

(publié le 13 juillet 2017)