Une histoire de chasse à propos des traumatismes sonores aigus provoqués par les bruits impulsionnels de niveaux de pression acoustique de crête très élevés

P. Forget Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2018, vol.79, N°1, pp.74-78. Références
Après avoir rapporté le cas clinique d’un garde-chasse ressentant une impression de surdité après une série de tirs d’entraînement professionnel effectués avec une arme à feu, l’auteur propose une description clinique des traumatismes sonores aigus (TSA).
Les TSA constituent des urgences ORL et sont à déclarer en accident du travail.
Les acouphènes sont quasiment constants et durent quelques heures ou quelques jours et parfois plus longtemps, perturbant l’activité et le sommeil.
L’hypoacousie est uni ou bi-latérale, de gravité variable, accompagnée ou non d’otalgies et de sensations vertigineuses.
Chez un tireur au fusil, la surdité de perception ne sera pas symétrique car l’ombre acoustique de la tête protège incomplètement une oreille par effet de diffraction sonore céphalique.
L’otoscopie retrouve un tympan normal avec une légère rougeur périmartellaire,
L’audiogramme (scotome entre 4000et 6000 Hz) va s’améliorer rapidement pendant les 72 premières heures et jusqu’au dixième jour. La récupération se poursuivra ensuite lentement pendant un mois.
Le traitement repose sur la corticothérapie anti-inflammatoire intensive pendant une semaine, associée au repos cochléaire, à la lutte contre l’ischémie microvasculaire (vasodilatateurs) ou l’hypoxémie tissulaire (oxygénothérapie hyperbare).
La prévention repose sur le port de protecteurs auditifs (dès le premier tir d’entraînement).
Pendant le dernier trimestre de la grossesse, il est recommandé de ne pas dépasser pour l’enfant à naître, un bruit ambiant externe (mesuré au poste de travail de sa mère) de Lex, 8h = 87 dB(C).
(publié le 3 mai 2018)