Evaluation de la surveillance des maladies professionnelles dans six pays de l’Union Européenne

Evaluation of occupational disease surveillance in six EU countries D. Spreeuwers, AGEM de Boer, J.H.A.M. Verbeek, F.J.H. Van Dijk Occupational Medicine, 2010, vol 60, n°7, pages 509-516. Bibliographie.

Les registres des maladies professionnelles dans les différents pays européens varient considérablement dans leurs critères de signalement et de reconnaissance, selon les données statistiques fournies et selon le contexte législatif et de sécurité sociale. De ce fait, les chiffres sur les maladies professionnelles ne sont pas comparables entre les pays et sont souvent considérés comme non fiables même au sein d’un même pays. Quoiqu’il en soit, les registres des maladies professionnelles sont toujours une source importante pour réglementer la santé et la sécurité au travail. Les buts de cette étude hollandaise étaient d’évaluer les registres des maladies professionnelles dans des pays de l’Union européenne quant à leur capacité à fournir des informations appropriées dans le but d’une réglementation préventive.

Les auteurs ont envoyé un questionnaire aux personnes contact des registres nationaux de maladies professionnelles dans six pays : l’Autriche, la Belgique, la République Tchèque, la France, la Finlande et le Royaume-Uni. Ce questionnaire portait sur les objectifs de leur registre, la qualité de la surveillance des tendances au cours du temps et la qualité de l’alerte aux nouveaux risques. Un auditeur a ensuite rendu visite à chaque personne contact, discuté le questionnaire complété et envoyé un avant projet de rapport d’audit à la personne contact pour vérification. Deux relecteurs ont ensuite établi un score de qualité basé sur le rapport d’audit vérifié. Les résultats de l’audit ont été envoyés à chaque contact, à qui il était demandé d’évaluer l’utilité de l’audit en tant qu’instrument pour des améliorations futures de la qualité du registre.

Les objectifs des registres évalués dans les six pays étaient la réparation, la fourniture de statistiques, la prévention et la recherche. La qualité pour la surveillance des maladies professionnelles a été cotée en moyenne à 3,2 [déviation standard (DS) 2,2] sur 10 et à 5,3 (DS 1,4) pour l’alerte concernant de nouveaux risques. Les principales raisons de ces faibles scores étaient une formation et un entraînement inadéquats des médecins et une faible participation des médecins au signalement des maladies professionnelles. Trois des six personnes contact (50%) ont admis que l’audit pourrait en fait contribuer à une amélioration future de la qualité du registre en matière de prévention.

En conclusion, les registres dans les pays de l’Union Européenne ne permettent pas de surveiller de manière adéquate les maladies professionnelles existantes ni d’alerter sur des maladies professionnelles émergentes. Il y a un besoin urgent d’amélioration de la formation et de la participation des médecins en matière de signalement des maladies professionnelles.

(publié le 19 janvier 2011)