Pathologie locomotrice du genou et travail

A. Caubet La Revue du Praticien, 2009, vol.59, n°9, p.1261-1263
50% des travailleurs ont été ou seront concernés par des douleurs du genou et au-delà de 65 ans, les douleurs des genoux tiennent la première place, devant les douleurs du rachis. Le vieillissement de la population annonce une prévalence encore plus forte, d’autant que les carrières seront plus longues de quelques années. Les enquêtes recensent beaucoup de métiers imposant gestes et postures délétères pour le genou. On constate beaucoup d’abandons précoces dans certains métiers, devenus intenables au-delà de 40 ou 50 ans. Toutes les études retrouvent un net effet aggravant du surpoids sur chacune de ces activités. Cependant, l’appartenance à une profession n’a qu’une valeur d’orientation tant l’exercice est variable. Dans ce contexte de gonalgies, on retrouve beaucoup d’autres plaintes qui motivent la consultation tels qu’un problème organique, un mal-être ou des difficultés psychosociales. Il faut élargir l’examen aux autres articulations (hanches, épaules, genoux).
Il est judicieux de faire intervenir l’ergonome pour réorganiser l’activité. En effet, les reclassements, bien que justifiés, entraînent généralement une réduction de la capacité de gain.
Dans les suites d’une intervention chirurgicale sur le genou ou d’un arrêt de travail de longue durée, il est judicieux de demander une visite de préreprise auprès du médecin du travail dans les 3 à 4 semaines qui précèdent la reprise afin de demander des aménagements du poste si nécessaire.
(publié le 19 février 2010)