Pathologies cardiovasculaires professionnelles

A. Chamoux, P-Y. Malaville Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson, Issy-les Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2010, n°167, 16-531-A-10, 13 pages
Les auteurs passent en revue les agents chimiques toxiques pour le système cardiovasculaire, à savoir un certain nombre de composés organiques et minéraux dont certains sont très utilisés en milieu industriel.
Ils s’intéressent ensuite aux agents physiques : le bruit (facteur de risque d’hypertension artérielle mais dans une proportion réduite), les vibrations et chocs (générateurs de troubles vasculaires périphériques type syndrome de Raynaud ou de la pathologie du syndrome hypothénar), l’électricité (fibrillation ventriculaire, lésions cardiovasculaires), les champs électromagnétiques (sans qu’aucune association sérieuse n’ait été démontrée), les radiations ionisantes (responsables de lésions des microvaisseaux et d’ altérations des capillaires).
Les auteurs insistent ensuite sur les nouveaux facteurs de risque cardiovasculaire en lien avec l’environnement de travail ; il en est ainsi, de la sédentarité au travail, des efforts physiques violents, du stress aigu, de l’immobilisation prolongée lors d’un voyage, du tabagisme passif, du travail posté, des contraintes psychologiques et mentales.
L’aptitude délivrée par le médecin du travail a pour objectif d’éviter de détériorer la santé du fait du travail ou d’entraîner un danger pour autrui. Elle permet de préciser l’adéquation des exigences du poste avec les capacités physiologiques : contraintes du poste, histoire de la maladie, risque de récidive, capacités résiduelles. La reprise du travail après infarctus du myocarde mérite un avis spécialisé. En ce qui concerne la conduite de véhicules, il convient de se reporter à l’arrêté du 31 août 2010 qui fixe la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire.
L’enregistrement Holter ECG ou par cardiofréquencemétrie est possible en ambulatoire, y compris sur les lieux de travail. En valeur instantanée, il est préconisé de ne pas dépasser 65% de la fréquence cardiaque de réserve pour un sujet cardiaque et 80% pour un sujet sain.
La prévention des maladies cardiovasculaires au travail porte sur la correction des facteurs de risque cardiovasculaire classiques (comportement individuel), mais il convient aussi de s’intéresser aux groupes à risques notamment les professionnels de l’urgence ou les sédentaires. C’est ainsi que peut être justifiée la réalisation de bilans biologiques chez les salariés affectés à un poste de sécurité en vue de calculer le risque cardiovasculaire global, sachant que ce dernier donne une indication sur la probabilité de survenue d’un accident cardiaque ou cardiovasculaire dans les dix années à venir. Une consultation auprès d’un cardiologue (avec éventuellement ECG d’effort) est conseillée si le risque cardiovasculaire global est élevé.
Un certain nombre d’affections cardiaques professionnelles sont indemnisables au titre des maladies professionnelles (voir site de l’INRS www.inrs.fr).
(publié le 28 septembre 2010)