Pied, chaussage et pathologies professionnelles

B. Fouquet, Y. Roquelaure, P. Aboukrat, C. Hérisson Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, 2009, Pathologie locomotrice et médecine orthopédique, 129 pages.
Cet ouvrage reprend les communications présentées aux "37e Entretiens de médecine physique et de réadaptation" de Montpellier.
Le pied peut être le siège de nombreuses lésions pouvant intéresser différentes structures et avoir un retentissement fonctionnel plus ou moins important.
Les pathologies du pied reconnues au titre des maladies professionnelles concernent des atteintes dermatologiques : mycoses, onyxis et périnonyxis et la tendinopathie achiléenne.
De nombreuses autres pathologies du pied, non décrites dans les tableaux sont facilitées par la marche et la station debout prolongée ; il s’agit essentiellement de pathologies unguéales, d’ongles incarnés, d’hyperkératoses plantaires d’appui et d’œils de perdrix, de phlyctènes et de bursopathies de conflit, de tendinopathies et péri-tendinopathies, de fractures de fatigue, de métatarsalgies statiques, d’aponévrosites plantaires d’insertion, et enfin de syndromes canalaires du pied.
Les lésions traumatiques du pied et de la cheville sur les lieux de travail ne sont particulières que par leur fréquence et sont loin d’être négligeables, représentant 6% de l’ensemble des accidents de travail avec arrêt. L’analyse des risques et des contraintes au poste de travail est la première étape dans la démarche de prévention des traumatismes du pied et dans le choix des chaussures de protection.
L’algoneurodystrophie désormais appelée syndrome douloureux complexe régional (CRPS) est dominée par la douleur qui est disproportionnée par rapport à la lésion initiale, de topographie non conforme à un territoire neurologique et aggravée par de multiples stimulus. Ces troubles représentent un risque fonctionnel majeur, engageant une approche thérapeutique complexe.
Afin d’évaluer la capacité fonctionnelle au travail, le praticien doit s’appuyer sur un certain nombre de paramètres tels que la tolérance à la station debout prolongée ou à la marche ainsi que la capacité à se chausser. Mais aussi sur l’examen clinique qui doit permettre une analyse des morphotypes du pied, des déformations, des désaxations, de rechercher l’existence de douleurs, d’œils de perdrix, de mycoses, etc... , de s’inquiéter d’un état morbide comme la surcharge pondérale, un diabète ou un déficit neurologique et de prendre en compte les antécédents traumatiques à type de fracture, luxation, ou entorse ou de tendinopathies d’origine micro-traumatique.
L’examen sera éventuellement complété par une imagerie du pied : radiographie (état osseux), échographie (pathologie tendineuse et ligamentaire), IRM (lésions œdémateuses ou des parties molles), tomodensitométrie (TDR) voire arthro-TDM (structure osseuse et cartilage).
La douleur du pied peut être liée à un syndrome canalaire de la cheville et du pied. Il peut s’agir d’une compression du sciatique poplité externe, du nerf péronier superficiel ou profond, du nerf tibial, d’un syndrome du tunnel tarsien ou d’une maladie de Morton.
Le maintien en emploi des salariés atteints de pathologies sévères du pied nécessite une coopération médecins du travail/ médecins de soins et de réadaptation ; mais aussi une forte mobilisation de l’ensemble des acteurs de la prévention des risques professionnels et la mise en place d’une politique structurée et coordonnée de prévention des risques professionnels.
Enfin, les chaussures de sécurité indispensables pour la prévention des accidents du travail peuvent être responsables de contraintes (inconfort, rigidité, poids, difficultés d’entretien, manque de perméabilité, excès de transpiration, gêne esthétique) qui peuvent être souvent corrigées. Ces chaussures peuvent aussi être responsables de lésions équivalentes à celles retrouvées habituellement lors des conflits entre pied et chaussure (pathologies unguéales, hyperkératoses plantaires, phlyctènes et bursopathies de conflit, etc.) mais aussi de mycoses cutanées ou d’onychomycoses.
Au total, cet ouvrage s’adresse à tous les acteurs de santé concernés par les problèmes orthopédiques, rhumatologiques et de rééducation survenant chez les salariés lors de leur exercice professionnel et tout particulièrement aux médecins du travail.
(publié le 21 juillet 2011)