Rhinites allergiques professionnelles

R. Garnier Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2012, vol.7, n°2, 16-053-A-10, 12 p. Bibliographie
"La rhinite allergique est une maladie inflammatoire de la muqueuse nasale, caractérisée par le développement d’une hyperréactivité nasale spécifique à l’égard d’une substance présente sur le lieu de travail".
C’est l’une des maladies professionnelles les plus courantes mais souvent négligée par le patient car peu invalidante. C’est pourtant la première manifestation d’une maladie respiratoire qui peut aboutir, après plusieurs mois ou années, à l’apparition d’un asthme. Elle devrait être considérée comme un signal d’alarme commandant de prendre des mesures de prévention.
La prévalence et l’incidence de la maladie sont très variables d’un secteur d’activité à l’autre et, dans un même secteur, sont très fortement dépendantes de l’intensité de l’exposition aux allergènes professionnels.
Les sujets atopiques exposés à des allergènes macromoléculaires ont un risque de sensibilisation plus élevé et doivent en être informés, sans que cet état ne constitue une contre-indication absolue à l’exposition.
250 allergènes sont susceptibles d’induire une rhinite professionnelle mais les plus souvent impliqués en Île-de-France sont les farines chez les boulangers, les protéines du latex chez les professionnels de la santé et les persulfates alcalins chez les coiffeurs.
Le délai de survenue de la maladie est très variable : de quelques semaines à plus de 10 ans après le début de l’exposition à l’agent causal.
Les manifestations cliniques sont un prurit nasal, des éternuements, une rhinorrhée et une obstruction nasale, souvent une conjonctivite et les fréquentes complications sont un écoulement postérieur et une hyposmie.
L’éviction de l’allergène suspend les symptômes mais si l’exposition perdure, le risque est la survenue d’un asthme.
Le diagnostic est clinique ; la rhinoscopie montre une muqueuse pâle non caractéristique mais permet d’éliminer d’autres pathologies. L’imagerie est d’un intérêt limité pour le diagnostic. Il est souhaitable de réaliser des épreuves fonctionnelles respiratoires et de mesurer la réactivité bronchique par un test à la métacholine ou à l’histamine.
C’est en fait l’interrogatoire qui apporte les premiers arguments en faveur d’une origine professionnelle. Une enquête soigneuse est indispensable. Les agents potentiellement responsables seront explorés par des tests cutanés et la recherche d’IgE spécifiques circulantes, mais il n’existe pas toujours de préparations antigéniques pour les allergènes professionnels.
Le test de provocation nasale est un bon test diagnostique car sa spécificité est excellente et sa sensibilité bonne.
Le meilleur traitement est l’éviction de l’allergène responsable, mais rarement réalisable car source de lourdes conséquences socioéconomiques pour l’intéressé.
Il faut réduire au maximum l’exposition (modification des procédures, aménagement du poste de travail, port d’équipements de protection individuelle, etc.).
Le traitement passe par les antihistaminiques mais ils sont généralement insuffisants pour prévenir la réapparition de la rhinite.
Il sera conseillé au salarié de déposer une demande de reconnaissance de travailleur handicapé qui l’aidera dans ses démarches futures.
16 tableaux de maladies professionnelles dans le régime général et 4 tableaux dans le régime agricole prévoient l’indemnisation des rhinites professionnelles.
(publié le 23 août 2012)