Risques nocturnes chez le voyageur professionnel à l’étranger

E. Phan Chan The Préventique Sécurité, 2010, n°112, pp. 85-90
Les principales pathologies du retour restent essentiellement la diarrhée, les dermatoses, les infections respiratoires et la fièvre. Néanmoins, il faut envisager les risques nocturnes qu’encourt le voyageur professionnel (entre le coucher et le lever du soleil).
Il en est ainsi du risque routier favorisé par deux éléments majeurs : la privation de sommeil entrainant une baisse de vigilance (la majorité des accidents mortels de la circulation se produisent entre 2 et 5 h du matin et entre 13h et 15 h) et les médicaments agissant sur le système nerveux central (le déplacement à l’étranger peut être l’occasion pour certains voyageurs de favoriser la consommation de certaines substances psycho-actives licites ou non).
Il faut s’inquiéter des risques liés aux moustiques, notamment des Anopheles qui transmettent le paludisme, mais aussi des Phlébotomes (qui transmettent les leishmanioses, des punaises vecteurs de la maladie de Chagas (en Amérique centrale ou du Sud), des puces et des poux de corps mais aussi d’autres arthropodes piqueurs comme les araignées, les scolopendres, les scorpions.
Le risque d’infections sexuellement transmissibles est présent (le voyage peut induire des comportements à risque). Un voyageur ayant eu des conduites sexuelles à risque doit consulter dans les 24 h pour un éventuel traitement prophylactique contre le VIH. Il est important de sensibiliser les voyageurs aux risques médico-judiciaires liés au tourisme sexuel.
Enfin, il ne faut pas négliger le risque sécuritaire (les lieux de loisirs ou touristiques peuvent être une cible potentielle pour certains attentats terroristes, en plus des risques physiques de droit commun "habituels)" ; il faut aussi se méfier des empoisonnements (dans certains pays de l’Europe de l’Est selon l’auteur).
Il est essentiel de rappeler au candidat au voyage l’importance de l’hygiène alimentaire. En effet, la diarrhée des voyageurs peut impacter fortement la qualité du sommeil et générer d’autres risques liés la fatigue (perte de vigilance et somnolence au volant).
(publié le 28 septembre 2010)