Cervicalgies professionnelles : repérer les facteurs de risque

A. Petit Le Concours médical, 2017, Vol.139, n°3, pp.39-41
Deuxième symptôme rachidien derrière les lombalgies, les cervicalgies sont responsables d’un taux significatif d’incapacité chez les travailleurs.
Ces cervicalgies sont dans la majorité des cas, liées à des phénomènes dégénératifs ou à un trouble fonctionnel musculo-ligamentaire de la région cervicale.
La cervicarthrose augmente avec l’âge mais peut rester longtemps asymptomatique. Les symptômes sont peu spécifiques et sans lien avec l’impotence fonctionnelle. Les douleurs ont parfois une recrudescence nocturne.
L’incidence annuelle des symptômes du cou ou des épaules est de 7,3% chez les hommes et de 12,5% chez les femmes.
Toutes les catégories professionnelles sont touchées mais spécifiquement les dentistes, les professionnels de soins, les charpentiers, les mécaniciens, les aides ménagères ou les chauffeurs. Les chauffeurs sont plus fréquemment hospitalisés pour hernie discale cervicale. Les incidences chez les employés de bureau et les opérateurs sur écran varient entre 15,4% et 57,5% selon les études.
Un grand nombre de facteurs individuels (le genre, l’âge, l’état de santé physique ou psychique), socio-démographiques (la catégorie socio-professionnelle, les habitudes de vie), biomécaniques, psychosociaux et organisationnels liés au travail contribuent à la survenue de cervicalgies, mais une combinaison de facteurs de risque est nécessaire pour provoquer une cervicalgie. Les cervicalgies ont bien une étiologie multifactorielle comme les TMS.
Les facteurs de risque liés à des situations de travail pourraient être des leviers de prévention des cervicalgies dans les populations de travailleurs.
(publié le 29 mai 2017)