Le comportement sédentaire au travail : de quoi parle-t-on ?

K. Debrosses Hygiène et Sécurité du travail, 2018, n°252, pp. 6-10. Bibliographie

L’inactivité physique est devenue la première cause de mortalité évitable dans les pays occidentalisés, devant la consommation tabagique.
Le comportement sédentaire se caractérise par une position assise ou allongée en situation d’éveil avec une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 fois celle de repos. Il en est ainsi de la lecture, du travail devant écran....
Or en France, ce sont 35 000 adultes en activité professionnelle qui ont un comportement sédentaire 7h30 par jour, mais qui atteint 9h 46 si le métier comporte majoritairement une posture assisse. Il est souvent constitué de périodes assises prolongées et ininterrompues considérées comme un facteur aggravant les effets délétères de cette situation.

Les effets de ce comportement sont une augmentation

  • de 49% de la mortalité toutes causes confondues,
  • de 90% de la mortalité cardiovasculaire,
  • de 112% de développer un diabète de type 2,
  • de 147% des pathologies cardiovasculaires,
  • sans compter les risques de cancers, de problèmes de santé mentale, de troubles musculosquelettiques, d’obésité, d’incontinence masculine.

Pour contrebalancer les effets pervers de la sédentarité, il ne faut pas moins de 60 à 75 minutes d’activité physique modérée ou intense par jour mais aussi il est conseillé d’entrecouper les périodes de sédentarité de courtes pauses actives (se mettre debout, marcher, faire des exercices physiques ...).

Le groupe de travail PEROSH (Parternship for European Research in Occupational Safety and Health), Partenariat pour la recherche européenne en sécurité et santé au travail au travail, a formulé des recommandations pratiques sur la façon d’évaluer le comportement sédentaire au travail : questionnaires, observations, mesures techniques.
La méthode qui fait consensus nécessite la pose d’un seul accéléromètre au niveau de la cuisse, couplée à une quantification de la dépense énergétique au moyen de la fréquence cardiaque.
La prévention du comportement sédentaire est encore peu développée. Mais le PNNS (programme national nutrition santé) recommande de réduire le temps passé en position assise ou allongée à 2 heures consécutives maximum, entrecoupées de pauses actives (5 minutes toutes les heures). Pour ce faire : bureaux à hauteur variable pour alterner positions assise et debout, bureaux dynamiques, réalisation de certaines réunions autour d’une table haute sans chaise ou en marchant, promotion des trajets domicile-travail à pied ou en vélo...
Il ne faut pas pour autant pêcher par excès inverse et ne plus travailler que debout. C’est l’alternance entre différentes positions qui reste le meilleur compromis pour lutter conte les dangers du comportement sédentaire.
Ce temps de comportement sédentaire diminue avec l’âge et est en moyenne inférieur chez les femmes par rapport aux hommes.

(publié le 23 janvier 2019)