Recueil de 15 ans de consultations de dermatologie professionnelle au CHU de Brest d’une population exposée professionnellement à la faune et à la flore terrestres bretonnes

D-T. Manuel, J-D. Dewitte, L. Misery, A-M. Roguedas-Contios, P. Saliou, B. Loddé Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°3, pp. 199-209. Références

L’objectif de cette étude était de décrire les atteintes dermatologiques des travailleurs exposés à la faune et à la flore terrestre bretonnes à partir des données issues de consultations hospitalières de dermatologie professionnelle d’octobre 2002 à fin avril 2017 au CHU de Brest.
84 patients ont été inclus pour constituer la population d’étude.
Les dermites les plus représentées sont :

  • les dermites allergiques de contact : 35 cas soit 42%, dont 32 d’origine professionnelle ; les travailleurs du secteur primaire sont plus impactés par des allergènes venant du vivant (tomates, graminées), alors que les travailleurs du secteur secondaire développeraient plus de pathologie de ce type en lien avec des produits de nettoyage ;
  • les dermites irritatives de contact : 13 cas soit 15%, avec une origine professionnelle 9 fois sur 10. Les produits de nettoyage sont au premier plan, loin devant la tomate et l’artichaut ;
  • les maladies infectieuses : 5 cas soit 8%. Un seul était d’origine professionnelle : une mycose des pieds à trichophyton Rubrum chez un exploitant de vache laitière) ;
  • les autres dermites : 29, soit 34,5%.

Les détergents les plus incriminés sont le chlorure de benzalkonium, le glutaraldéhyde, l’isothiazolinone, les ammoniums quaternaires et le formaldéhyde.
Parmi les allergènes, on retrouve certains champignons, l’artichaut, la tomate, les graminées, le persil, le céleri et l’alostremeria.

Il est difficile dans cette étude de définir des affections spécifiques à certains postes de travail, bien que l’on retrouve une plus forte prévalence à ces consultations de travailleurs du secteur industriel de conditionnement, de l’exploitation bovine surtout laitière, de la culture de tomates, du secteur porcin, de l’entretien des espaces verts.
Certains postes sont quasiment inexistants dans ces consultations telles que la production de choux fleurs, d’épinards et d’échalotes. Il est probable que les consultations hospitalières ne drainent que les cas sévères et que les dermites de contact sont bien gérées par le secteur extra-hospitalier.

(publié le 20 décembre 2019)