Sédentarité et activité physique en milieu professionnel

F. Dutheil, J. Ferrières, Y. Esquirol La Presse Médicale, 2017, vol.46, n° 7-8, cahier 1, pp.703-707. Bibliographie.
La prévalence des métiers sédentaires est en augmentation. Selon l’enquête Sumer, le pourcentage des salariés travaillant plus de 20 heures par semaine devant un écran est passé de 11,9% en 1994 à 22,6% en 2010 avec une forte augmentation chez les cadres qui passent de 18,3% à 46,1% au cours de la même période. La sédentarité est principalement d’origine professionnelle.
La sédentarité au travail multiplie les risques de décès toutes causes confondues par 1,82 et de décès liés à une maladie coronarienne ou cardiovasculaire par 2,06.
Rester assis plus de 10 heures par jour augmente la mortalité de 34% (obésité, diabète, etc..) et les femmes seraient particulièrement à risque.
Travailler debout est salvateur. La mortalité globale et d’origine cardiovasculaire diminue de 18 à 21% si 1/4 de la journée est en position debout et l’effet se révèle dose-réponse. Mais il n’est pas mieux de pratiquer une activité physique intense au travail : le port de charges lourdes multiplierait par 1,5 le risque de mortalité cardiovasculaire par rapport à des personnes ayant une faible activité pendant le travail.
La prévention passe par des propositions ergonomiques pour travailler debout.
Il suffit de se lever 5 minutes toutes les 30 minutes pendant 8 heures pour faire diminuer la glycémie post-prandiale de 34% par rapport à un groupe restant assis.
Il faudrait organsiner son travail pour accumuler entre 2 et 4 heures d’activités debout par jour.
Pour contrebalancer cette sédentarité au travail, il faudrait 60 à 75 minutes d’activité physique intense à modérée par jour (bien loin des recommandations de l’OMS).
Une étude belge a montré des effets paradoxaux : " pratiquer une activité physique de loisirs soutenue diminue le risque de maladies cardiovasculaires, alors qu’une activité physique intense au travail tendrait à l’augmenter. Les effets des associations entre ces activités physiques intenses, au travail et de loisirs sont encore mal éclaircis".
Cependant la sédentarité doit être considérée comme un risque professionnel et une préoccupation majeure des employeurs.
Il est donc important de "bouger sans excès" pendant le temps de travail et les initiatives pour réduire la sédentarité au travail sont donc à encourager.
(publié le 16 octobre 2017)