Actualités des dermatites de contact professionnelles

M-N. Crépy, L. Bensefa-Colas La Revue du Praticien, 2014, vol.64, n°3, pp. 342-349. Références
"Les dermatites de contact comprennent les dermatites de contact d’irritation, les dermatites de contact allergiques et les dermatites de contact aux protéines. Les urticaires de contact sont plus rares. Les dermatites et les urticaires de contact sont provoquées par le contact direct, manuporté ou aéroporté, avec des substances de bas poids moléculaire ou des protéines en milieu de travail. Leur origine est très souvent multifactorielle".
Parmi les facteurs irritants, le milieu humide est souvent en cause à côté des détergents, désinfectants-antiseptiques, acides et bases, solvants organiques, fluides de coupe, constituants des matières plastiques, plantes et bois, produits phytosanitaires, produits capillaires et sels métalliques.
De multiples allergènes sont souvent incriminés dont les additifs du caoutchouc, les métaux, les biocides, les monomères et additifs composants des matières plastiques, les colorants capillaires ou des végétaux.
Les aspects cliniques des dermatites de contact d’irritation et d’allergie peuvent être identiques et leur étiologie est souvent complexe.
"Le diagnostic de dermatite de contact d’irritation repose sur l’association d’une exposition professionnelle à des irritants, la guérison complète pendant les congés et l’absence d’allergie de contact aux produits manipulés.
Le diagnostic de dermatite de contact allergique repose sur l’association d’une exposition professionnelle à des allergènes et la confirmation de la sensibilisation par tests épicutanés.
Le diagnostic de dermatite de contact aux protéines repose sur l’association de lésions d’eczéma, avec des symptômes immédiats lors de l’exposition professionnelle à des produits et des prick tests positifs correspondants.
Le diagnostic d’urticaire de contact (forme immunologique) repose sur l’association de symptômes immédiats lors de l’exposition professionnelle à des produits, avec prick tests positifs correspondants.
La prévention collective est indispensable : identification des agents irritants et sensibilisants et des activités exposant au contact direct, manuporté ou aéroporté et substitution par des produits de moindre risque, procédés de travail en circuit fermé ou en vase clos, ventilation des locaux et aspirations efficaces aux postes de travail, organisation du travail, information du personnel sur les risques cutanés, etc.
La prévention individuelle vient en seconde intention et repose sur la réduction du temps de travail en milieu humide. Un programme d’éducation doit être proposé pour préserver les mains, des dermatites de contact d’irritation. Parallèlement, le port de gants adaptés à l’activité et aux produits utilisés est essentiel sachant qu’aucun matériau ne protège contre toutes les substances chimiques.
La prévention médicale repose essentiellement sur la réduction maximale du contact cutané avec les irritants et l’éviction complète du contact cutané avec les allergènes auxquels le patient est sensibilisé. Ce patient recevra une liste d’éviction indiquant les sources possibles d’exposition à cette substance à la fois dans le milieu professionnel et extra-professionnel.
Il est important de faire reconnaître l’origine professionnelle des manifestations cutanées et le médecin doit pouvoir conseiller et savoir orienter le patient.
(publié le 25 septembre 2014)