Allergie respiratoire professionnelle aux produits de la mer

J-M. Renaudin Documents pour le Médecin du Travail, 2011, n°126, pp.317-329. Bibliographie

Rhinite et asthme d’origine professionnelle aux produits marins sont des réactions immunologiques d’hypersensibilité immédiate de mécanisme IgE-dépendant. L’allergène majeur des poissons appartient à la famille moléculaire des parvalbumines essentiellement de type ß ; ceux des mollusques et crustacés sont la tropomyosine et l’arginine kinase. En ce qui concerne l’asthme professionnel, interviennent les conservateurs (comme les sulfites), des protéines provenant du corail ou des parasites associés aux produits de la mer.

Les principaux métiers à risque sont les ouvriers de la pêche, de l’aquaculture en mer, de la conchyliculture, les personnels de l’industrie agroalimentaire préparant, conditionnant ou transformant ces denrées, éventuellement les écailleurs, les employés du commerce alimentaire (poissonneries, grande distribution), les métiers de la restauration (cuisiniers, traiteurs, etc..), voire des salariés de l’industrie pharmaceutique ou cosmétique.
Le diagnostic repose sur les données de l’interrogatoire et de l’examen clinique. Une période de latence (de quelques semaines à quelques mois) est classiquement rapportée. La symptomatologie évocatrice est rythmée par l’activité professionnelle. Des examens spécialisés otorhinolaryngologiques et pneumologiques complètent les investigations.
La recherche étiologique repose sur des tests immuno-allergologiques : test cutanés avec les produits incriminés, dosage des IgE spécifiques, test de provocation bronchique réaliste.
Les mesures de prévention technique ont pour objectif de supprimer ou de réduire l’exposition aux niveaux les plus bas possibles (automatisation de certains procédés, ventilation générale des locaux de travail, aspiration efficace aux postes de travail concernés, choix des procédés les moins exposants, lavage des postes de travail, information des salariés sur les risques).
Les mesures de prévention individuelle ne sont préconisées qu’en cas d’ échec ou d’impossibilité de mise en œuvre des mesures de prévention collective ; il s’agira essentiellement de gants et de masques de protection respiratoire pour des tâches limitées dans le temps.
La prévention médicale repose sur la surveillance régulière des professionnels exposés, en particulier de ceux ayant des antécédents atopiques.
Rhinite et asthme professionnels aux produits de la mer peuvent être déclarés en maladie professionnelle et reconnus et indemnisés au titre du tableau n°66 du Régime Général ou du tableau n°45 du Régime Agricole.
L’association d’une allergie respiratoire professionnelle aux produits de la mer à une allergie alimentaire avec risque d’anapyhlaxie aux mêmes produits n’est pas systématique mais doit être recherchée pour chaque patient symptomatique.

(publié le 11 octobre 2011)