Allergies de contact
Des substances retrouvées en milieu professionnel

I. Hoppenot Le Quotidien du Médecin, 2011, n°8967, p.8

Parmi les allergènes, on distingue les protéines à caractère réactif et les haptènes. Ces derniers sont "des molécules de faible poids moléculaire dont la réactivité chimique leur permet de se fixer sur les macromolécules biologiques pour donner des liaisons plus ou moins fortes pouvant aller jusqu’à une liaison covalente irréversible" qui peut être "à l’origine de réactions de type toxique, mutagène ou allergique si la cible est l’épiderme ou l’épithélium bronchique".
Il existe des molécules dénuées de réactivité intrinsèque mais qui sont activées par contact avec l’environnement, notamment l’oxygène. Il en est ainsi des terpènes.
En pratique, l’asthme est plutôt dû à des macromolécules tandis que les dermatoses sont plutôt en lien avec un haptène. Mais un même végétal peut contenir différents types d’allergènes. Il en est ainsi du bois exotique responsable d’eczéma aigu aéroporté, d’érythème polymorphe, d’urticaire et aussi d’asthme. Mais dans les arbres, on trouve aussi des chenilles processionnaires qui provoquent des lésions urticariennes mais aussi des asthmes par le biais de leurs poils aéroportés.
Dans le cadre professionnel, on estime à 15% les asthmes de l’adulte attribuables à l’environnement professionnel et à 10% la part des dermatoses liées au travail.
Concrètement, les salariés peuvent être exposés à

  • des allergènes cutanés et respiratoires : latex, aldéhydes, persulfates alcalins, matières plastiques telles que les isocyanates et les résines époxy, enzymes, poussières de bois, parfums,
  • des allergènes à fort potentiel respiratoire : farines, céréales,
  • des allergènes à fort potentiel dermatologique : huiles et additifs, conservateurs (dont les parabens), détergents et additifs, sels de métaux, médicaments.

La prévention est primordiale et passe par la mise en place de protections collectives et de protocoles précis.

(publié le 29 juillet 2011)