Allergies respiratoires professionnelles chez les personnels de santé

N. Rosenberg Références en Santé au Travail, 2012, n°132, pp. 77-92. Bibliographie
Si le personnel de nettoyage incluant les agents des services hospitaliers arrive au premier rang des professions les plus concernées par l’asthme professionnel, le personnel soignant arrive en quatrième place.
De nombreux allergènes sont en cause : latex, désinfectants/antiseptiques (glutaraldéhyde, formaldéhyde, ammoniums quaternaires, composés aminés aliphatiques, chloramine-T, chlorhexidine, oxyde d’éthylène, enzymes), méthacrylate de méthyle, isocyanates (mise en place de plâtres orthopédiques), médicaments.
En présence d’un asthme, la mesure répétée des débits expiratoires de pointe est intéressante pour en confirmer l’origine professionnelle en montrant la relation chronologique entre périodes de travail et chute des débits de pointe.
Avec le latex, une crise d’asthme et des manifestations anaphylactiques sont possibles à la suite de l’ingestion de certains aliments (banane, avocat, kiwi, châtaigne) dus à des allergies alimentaires croisées.
Le diagnostic étiologique est facile quand la symptomatologie survient à la suite d’un geste professionnel particulier (port de gants en latex) ; il est moins évident si le poste de travail expose à différents produits contenant plusieurs agents sensibilisants ou irritants. Mais les grandes étiologies des rhinites et asthmes professionnels sont les désinfectants de locaux et d’instruments, le latex et les composants des produits de nettoyage surtout quand ils sont pulvérisés ; les médicaments manipulés sous forme de poudre ou aérolisés sont plus rarement en cause.
La prévention collective repose sur la suppression du risque, la substitution des produits les plus irritants et sensibilisants par d’autres moins nocifs, la conception de procédés de travail visant à réduire le risque au minimum, la ventilation efficace des locaux de travail. S’y ajoutent le contrôle de l’exposition aux agents chimiques dangereux, le stockage des désinfectants dans un local ventilé, le respect des procédures de travail, l’information du personnel sur les risques, la formation aux règles d’hygiène courante et aux procédures de travail.
La prévention individuelle suppose port de gants, de vêtements de protection, de lunettes-masques, d’appareils de protection respiratoire filtrants pour certaines opérations, le remplacement des gants en latex poudrés par des gants en latex non poudrés ou hypoallergéniques.
L’atopie ne représente pas un facteur de risque de sensibilisation aux produits chimiques. Toutefois les sujets aux antécédents d’asthme infantile et devenus asymptomatiques risquent une réactivation de leur asthme lors de l’exposition aux désinfectants et aux produits de nettoyage irritants. Rhinite et asthme professionnels sont réparés au titre de différents tableaux de maladies professionnelles
Si l’asthme survient au décours immédiat d’une exposition aiguë intense ou à plusieurs irritants, une déclaration d’accident du travail doit être effectuée.
(publié le 11 mars 2013)