Dermatite de contact d’origine professionnelle

C. Geraut, C. Begue, L. Geraut La Revue du praticien, Médecine Générale, 2010, vol.24, n°852, pp.875-876
Cette fiche pratique plutôt destinée au médecin traitant sera également très utile au médecin du travail et lui servira de fil conducteur.
La première étape consiste à faire le diagnostic.
Une dermatite de contact peut résulter de 4 mécanismes : irritation, allergie, brûlure ou urticaire. Une étude fine de l’aspect des lésions et de leur topographie s’impose.
Il faut ensuite éliminer une autre affection cutanée tels qu’un psoriasis palmaire, une acrodermatite continue de Hallopeau, une dermatite atopique, une dyshidrose palmaire, une mycose des paumes des mains, un eczéma nummulaire, un granulome annulaire, etc...
Il faut alors établir le lien avec le travail en reconstituant avec précision l’histoire et le rythme de la maladie, en étudiant les gestes professionnels, en enquêtant sur les produits employés, en établissant un curriculum laboris et en tenant compte des antécédents médicaux.
Les lésions seront immédiatement traitées et le salarié sera adressé à une consultation de dermatologie, d’allergologie ou de pathologie professionnelle. Les tests (patch tests et prick tests) seront interprétés et l’absence de tests positifs oriente vers une dermite d’irritation.
Un certificat sera établi et remis au patient si la maladie paraît professionnelle. Ce certificat sera adressé à la caisse d’Assurance maladie par les soins du salarié s’il souhaite faire une déclaration de maladie professionnelle. S’il s’agit d’une brûlure, la déclaration se fera au titre de l’accident de travail.
Une prévention sera proposée : en cas de dermite d’irritation, seront préconisées les mesures de protection individuelles et collectives ; en cas de dermite allergique, l’éviction du ou des produits allergisants avec souvent un changement de poste reste la solution la plus efficace.
(publié le 10 février 2011)