Dermatite de contact d’origine professionnelle : conduite à tenir

M-N. Crépy Références en Santé au Travail, 2013, n°133, pp.109-122. Bibliographie
Les dermatites de contact comprennent les dermatites de contact d’irritation (les dermatoses les plus fréquentes), les dermatites de contact allergiques et les dermatites de contact aux protéines.
Les dermatites de contact surviennent à n’importe quel âge mais surtout chez les sujets jeunes ; les antécédents de dermite atopique favorisent la dermite de contact professionnelle.
" Elles sont provoquées par le contact direct, manuporté ou aéroporté, avec des substances de bas poids moléculaire ou des protéines en milieu de travail". Leur origine est très souvent multifactorielle. De nombreux secteurs professionnels (coiffure, métallurgie, santé, agroalimentaire, construction, nettoyage, peinture... sont concernés par ces pathologies.
Les principales étiologies sont les irritants : travail en milieu humide, détergents, désinfectants, antiseptiques, acides, bases, solvant organiques, fluides de coupe, produits capillaires....... associés à des facteurs physiques (mécaniques ou thermiques) qui favorisent l’irritation. La guérison est complète pendant les congés et il n’existe pas d’allergie de contact aux produits manipulés.
Les principaux allergènes responsables de dermatites de contact allergiques sont les additifs du caoutchouc, les métaux (nickel, cobalt, chrome), les biocides contenant des isothiazolinones, le formaldéhyde, le méthyldibromoglutaronitrile (MDBGN).
Dermatites de contact d’irritation et dermatites de contact allergique ont de nombreux points communs mais certains signes sont plutôt en faveur d’une dermatite de contact allergique : un prurit intense, une extension des lésions au-delà de la zone de contact, un aspect polymorphe. "Le diagnostic de dermatite de contact allergique repose sur l’association d’un aspect clinique évocateur et de tests cutanés positifs et pertinents avec l’exposition du patient".
La dermatite de contact aux protéines se rencontre le plus souvent parmi les personnels de l’alimentation et le pronostic est péjoratif. Les critères diagnostiques sont un eczéma chronique et un prick test positif aux protéines.
Le diagnostic différentiel de ces dermites de contact se fait avec la dermatite atopique (antécédents personnels ou familiaux d’atopie), la dishydrose idiopathique, le psoriasis palmaire ou palmo-plantaire, le lichen plan, la dermatophytie chronique des mains ....
La prévention sera d’abord collective : identification des agents irritants ou sensibilisants et substitution par automatisation des opérations, substitution des irritants puissants et des sensibilisants par d’autres substances de moindres risques, réduction des concentrations en allergènes de certains produits, ventilation générale des locaux, limitation des techniques de pulvérisation, répartition des tâches, information du personnel sur les produits utilisés, etc.
La prévention sera ensuite individuelle : information du sujet atopique de sa plus grande susceptibilité aux irritants, informations sur le lavage des mains, port de gants de protection adaptés, intacts, propres et secs à l’intérieur, sur de courtes périodes, utilisation d’émollients sans parfum avant pendant et après le travail, poursuite des actions de prévention hors du lieu de travail.
La réparation se fait au titre de différents tableaux du régime général des maladies professionnelles (essentiellement le tableau n°65) et du tableau n°44 pour le régime agricole.
(publié le 17 juillet 2013)