Dermatoses professionnelles induites par les détergents, désinfectants et antiseptiques.

A propos de 50 patients d’une consultation de dermatologie professionnelle M. Paul, B. Loddé, A.M. Roguedas-Contios, M.B. Eniafe-Eveillard, L. Misery, J.D. Dewitte Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2009, vol.70, n°4, p.437-445. Bibliographie
Une étude rétrospective et descriptive des affections cutanées rencontrées lors de la consultation hospitalière de dermatologie professionnelle du CHU de Brest a été réalisée entre novembre 2002 et avril 2007 chez les patients travaillant dans les principaux secteurs d’activité exposés aux produits désinfectants, détergents et antiseptiques (DDA), c’est à dire les secteurs de la santé, de l’agroalimentaire et du nettoyage.
Sur 220 patients vus, seuls 129 cas de dermatoses d’origine professionnelle ont été diagnostiqués, dont 50 (soit 38,7%) exposés professionnellement aux DDA.
Les formes cliniques les plus fréquentes chez ces salariés sont la dermite irritative (42%), la dermite allergique de contact (26%).
Les principaux allergènes sont les désinfectants et les antiseptiques (26,3%), principalement les ammoniums quaternaires et aldéhydes, ainsi que le nickel.
Si le lien ne peut être affirmé entre l’exposition professionnelle aux DDA et les lésions irritatives (car il existe de nombreux cofacteurs sur le lieu de travail), il en est autrement en ce qui concerne les dermatoses allergiques (où des tests allergologiques pertinents permettent d’objectiver le rôle majeur joué par ces produits dans l’apparition des lésions cutanées).
Il convient donc d’adopter des mesures préventives adaptées afin de limiter l’apparition de ces affections cutanées chez les travailleurs exposés (en particulier en cas d’antécédent de dermatite atopique).
(publié le 2 février 2010)