Fabrication PVC
Les risques CMR

H. Pézerat Préventique Sécurité, 2009, n°104, p.42-46

Certains syndicalistes étant inquiets du nombre de cas de cancers parmi le personnel actif et retraité d’une entreprise produisant des matériaux finis en PVC (chlorure de polyvinyle), une expertise a été confiée à un éminent toxicologue, directeur de recherche au CNRS. Il apparaît que ce sont les produits ajoutés au PVC au stade de la fabrication des produits finis qui entraîneraient des risques CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques). Il en est ainsi des sels de plomb ou de cadmium, classés respectivement en catégorie 2A et 1 par le centre international de recherche sur le cancer, de l’azodicarbonamide dont la décomposition thermique génère le semicarbazide (SEM), dorénavant interdit dans les matériaux en contact avec les denrées alimentaires, ce qui a pour effet de protéger les consommateurs mais pas vraiment les salariés exposés lors de la production et de l’utilisation de cet azodicarbonamide qui est utilisé pour d’autres activités que le PVC telles que d’autres polyoléfines et les caoutchoucs synthétiques. En ce qui concerne les dérivés organiques de l’étain, il est noté la présence quasi constante de composés tri-alkylés comme impureté et il semble qu’actuellement, le principal produit ajouté comme stabilisant soit un dialkylé avec dans la fiche de sécurité, des phrases de risque très insuffisantes. Une étude publiée à propos des composés diéthylés apparaît négative sur le plan de la cancérogénicité mais les produits ont été administrés par voie orale, ce qui ne préjuge en rien des effets pouvant survenir à long terme après une exposition par inhalation. Cependant, pour les dialkylés, des indications nettes de génotoxicité existent. Il semble que la prévention dans les trente dernières années ait été quasi inexistante et n’ait pas pu conduire les travailleurs à exiger que soient prises les précautions nécessaires.

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(publié le 28 juillet 2009)