Le syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques.
Observation d’une cohorte de 20 salariés

H. Kamoun, N.A. Romdhane, W. Rekik, N. Laadheri, I. Youssef, F. Ben Salah, R. Gharbi Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2011, vol.72, n°1, pp.73-79. Bibliographie
"Le syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques (SIOC) est défini comme un ensemble de symptômes non-spécifiques chez une personne exposée, de façon chronique, à de faibles concentrations de divers produits chimiques".
Une étude a été menée afin de décrire les circonstances d’apparition et les caractéristiques cliniques du SIOC tel qu’observé chez 20 salariés tunisiens puis d’étudier le devenir professionnel ainsi que l’effet de l’éviction sur l’évolution clinique de ce syndrome au sein de la cohorte.
Les salariés appartiennent à divers secteurs d’activité professionnelle et pour l’ensemble de la cohorte, la durée médiane d’exposition aux odeurs chimiques est de 14,5 ans (plus courte chez les femmes : 9,5 ans). Seul un patient a identifié un évènement initial particulier à l’origine des plaintes (une exposition chimique aiguë responsable du SIOC). Tous les salariés ont déclenché les symptômes du SIOC au cours de leur carrière professionnelle avec un délai médian de 8,5 ans. Les symptômes du SIOC sont variables, mais l’oppression thoracique est le plus fréquent, suivi par la dyspnée, les céphalées, une fatigue diffuse, une sensation d’étouffement et d’autres symptômes allant pour une personne jusqu’à une perte de connaissance qui n’a révélé aucune anomalie à l’examen somatique.
Sur les 16 salariés recontactés après la première enquête, à qui il avait été prescrit une éviction définitive, 4 ont été maintenus à leur poste, 6 ont bénéficié d’un aménagement de poste au sein de la même entreprise et 6 ont arrêté leurs activités ou changé d’entreprise.
L’arrêt précoce de l’exposition semble favoriser la disparition du SIOC.
La probabilité de disparition des symptômes, en cas de maintien de l’exposition est nulle.
En cas d’éviction, plus la durée d’évolution des symptômes est courte, plus la probabilité de leur disparition est élevée (0,86 pour un durée d’un an ou moins, 0,57 pour un durée de deux ans ou moins, 0,43 pour une durée de trois ans ou moins, 0,29 pour une durée de quatre mois ou moins et nulle pour les symptômes qui évoluent depuis cinq ans et plus).
Si en milieu professionnel, l’éviction précoce semble constituer une mesure préventive efficace, les résultats méritent d’être confirmés par des études de plus grande ampleur.
(publié le 6 juin 2011)