Manipulation des médicaments anticancéreux à l’hôpital :
le point sur l’expostion et sur les mesures de prévention

P. Le Garlantezec, N. Rizzo-Padoin, V. Lamand, O. Aupée, H. Broto, D. Alméras Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2011, vol.72, n°1, pp. 24-35. Bibliographie
Cet article fait le point sur les connaissances actuelles sur l’exposition des personnes aux médicaments cytotoxiques, sur les recommandations existantes et sur les moyens de protection pour diminuer l’exposition des manipulateurs aux médicaments anticancéreux.
Les personnes préparant ou administrant les chimiothérapies peuvent être contaminées par inhalation, passage transcutané ou exposition indirecte résultant du transfert de contamination via des surfaces de travail, des matériels non spécifiques (ordinateur, téléphone, vêtements) ou des matériels contenant le médicament cytotoxique (poches de perfusion ou tubulures d’administration).
En raison de la gravité des effets toxiques locaux, généraux et spécifiques (actions mutagènes, cancérogènes et toxiques pour la reproduction), le législateur et les société savantes ont édité des textes officiels et des référentiels.
En 2004, une synthèse des nouvelles recommandations sur la préparation en sécurité des agents cytotoxiques a été réalisée par le National Institute for Occupational Safety and Health.
Les mesures de protection collective sont extrêmement importantes et visent toutes les phases du processus de préparation. Actuellement les hottes à flux laminaire de type II équipées de système de régulation avec alarme sont les seules hottes aptes à protéger le manipulateur.
L’isotechnie qui utilise des enceintes étanches communiquant avec l’extérieur via un sas ont l’avantage de ne pas nécessiter de contraintes drastiques d’habillage et de maîtrise de l’environnement, mais sont responsables de contaminations environnementales.
Depuis quelques années des dispositifs de transfert de médicaments en système clos (DSC), sont une solution efficace pour minimiser la contamination à la source.
Toutes les recommandations incluent une formation, un entrainement rigoureux, des programmes de certification et l’utilisation d’équipements de protection individuelle.
L’évaluation de l’efficacité des mesures de protection devrait associer la surveillance biologique, environnementale et médicale, même si actuellement, aucune recommandation ne précise leurs modalités de mise en œuvre.
(publié le 6 juin 2011)