Mortalité (1968-2008) dans une cohorte française de travailleurs de l’enrichissement d’uranium potentiellement exposés à des composés d’uranium rapidement solubles
Mortality (1968-2008) in a French cohort of uranium enrichment workers potentially exposed to rapidly soluble uranium compounds

S. Zhivin, I. Guseva Canu, E. Samson, O. Laurent, J. Grellier, P. Collomb, L. Zablotska, D. Laurier Occupational and Environmental Medicine, 2016, vol 73, n°3, pages 167-174. Bibliographie.

Jusqu’à récemment, l’enrichissement de l’uranium à des fins civiles et militaires en France, a été réalisé par diffusion gazeuse en utilisant des composés d’uranium rapidement solubles. Cette enquête franco-hispano-américaine a analysé la relation entre l’exposition à des composés solubles d’uranium et l’exposition au rayonnement externe gamma (Ɣ) avec la mortalité dans une cohorte de 4 688 travailleurs français d’enrichissement d’uranium qui ont été employés de 1964 à 2008.
Les données sur l’exposition individuelle annuelle aux risques radiologiques et non radiologiques ont été recueillies, pour les travailleurs d’AREVA NC, du CEA, des usines EURODIF d’enrichissement d’uranium, à partir des matrices emplois-expositions et des dossiers de dosimétrie externe, en différenciant entre l’uranium naturel, enrichi et appauvri. La mortalité par cause a été comparée à la population générale française via des ratios standardisés de mortalité (SMR) et analysée par régression de Poisson en utilisant les modèles" log linéaire" et "linéaire" d’excès de risque relatif.

Au cours de la période de suivi, 131 161 personnes-années exposées au risque ont été comptabilisées et 21 % des sujets étaient morts. Un fort effet de travailleurs en bonne santé a été observé avec un SMR toutes causes = 0,69 (IC 95 % de 0,65 à 0,74). Le SMR pour cancer de la plèvre a été significativement augmenté = 2,33 (IC 95 % de 1,06 à 4,4) mais celui-ci a été basé sur neuf cas. Les expositions internes et externes au rayonnement Ɣ n’étaient significativement associées à aucune cause de mortalité.
Cette étude est la première chez les travailleurs français de l’enrichissement d’uranium.
Bien que manquant de puissance statistique,

  • de futures études de cette cohorte,
  • l’estimation des doses d’incorporation interne d’uranium
  • et la mise en commun avec des cohortes similaires devraient expliciter les risques potentiels associés à l’exposition à des composés solubles d’uranium.
(publié le 31 octobre 2016)