Pneumopathie lipidique chez un fraiseur exposé aux brouillards d’huile de coupe
Cas clinique

O. Szabo-Gay, V. Jounieaux, N. Benoit, H. Sevestre, C. Philippon Références en Santé au Travail, 2012, n°132, pp.39-45. Bibliographie
Il est rapporté dans cet article l’observation d’un opérateur-régleur sur fraiseuse, travaillant dans une entreprise de fabrication d’équipements hydrauliques depuis 30 ans, ayant développé une pneumopathie lipidique responsable d’une insuffisance respiratoire chronique.
L’histoire clinique commence par l’apparition d’une dyspnée d’effort s’aggravant progressivement, s’accompagnant d’un trouble ventilatoire mixte et d’une hypoxie avec normocapnie. Sont évoqués au fil des examens, les diagnostics de bronchopneumopathie chronique obstructive post-tabagique (tabagisme évalué à 30 paquets-années et sevré depuis huit ans), de syndrome d’apnées du sommeil, de connectivite. Suite à un nouvel épisode de décompensation respiratoire, est évoquée une origine professionnelle après qu’ait été écartée une pneumopathie d’hypersensibilité.
L’étude de poste confirme l’exposition habituelle et probablement importante aux brouillards d’huile de coupe. Le salarié ne portait pas d’appareil de protection respiratoire.
Une fibroscopie bronchique et un lavage broncho-alvéolaire confirment le diagnostic de pneumopathie lipidique d’origine professionnelle. La pathologie est reconnue maladie professionnelle au titre du tableau n°36 du régime général.
L’arrêt de l’exposition aux brouillards d’huile de coupe a entraîné une amélioration symptomatique, fonctionnelle et radiologique mais "cette pathologie peut évoluer vers la fibrose pulmonaire en cas d’exposition persistante ou de diagnostic tardif".
En l’absence en France de valeur limite d’exposition aux brouillards d’huile, il a été établi au sein des instituts de prévention de retenir la valeur NIOSH (National institute for occupational safety and health) de 0,5mg.m-3, comme objectif à atteindre pour l’assainissement des ateliers où sont utilisés des fluides de coupe.
Le choix doit porter en priorité sur le fluide le moins dangereux pour la santé. Il faudra veiller au capotage des machines, au captage des aérosols à la source et à une ventilation générale efficace.
La protection individuelle inclura gants, vêtements couvrant les bras et entretenus régulièrement, et éventuellement appareil de protection respiratoire au minimum de type FFP2.
(publié le 11 mars 2013)