Résultats de tests neurologiques dans une cohorte d’apprentis soudeurs asymptomatiques exposés à un faible niveau de manganèse
Neurological outcomes associated with low-level manganese exposure in an inception cohort of asymptomatic welding trainees

M. Baker, S.Criswell, B. Racette, C. Simpson, L. Sheppard, H. Checkoway, N. Seixas Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2015, vol 41, n°1, pages 94-101. Bibliographie.

A long terme, l’exposition à un haut niveau de manganèse (Mn) est associée à la baisse de certaines facultés au niveau du système nerveux central (SNC). Cette étude américaine explore quantitativement les relations entre faible niveau d’exposition au Mn et les résultats de certains tests neurologiques dans une cohorte prospective longitudinale d’apprentis soudeurs asymptomatiques.

Des soudeurs sans exposition professionnelle antérieure au Mn ont été suivis tous les trois mois au cours de leur stage de cinq semestres. 56 soudeurs ont été évalués pour la fonction motrice en utilisant l’échelle unifiée de notation de la maladie de Parkinson (subsection 3) (UPDRS3) et le Grooved Pegboard test qui évalue la coordination œil-main. 17 IRM avec indices pondérés en T1 ont été réalisées. L’exposition individuelle au Mn dans les fumées de soudage a été quantitativement évaluée pendant la période d’étude en utilisant un modèle mixte pour obtenir des estimations de niveau d’exposition de chaque sujet par type de soudage. Ces estimations ont été additionnées pour estimer l’exposition cumulative au moment de chaque test neurologique.

Les résultats montrent, qu’après ajustement sur les effets possibles de l’apprentissage, il n’existait aucune association entre l’exposition cumulée et le score UPDRS3 ou le Grooved Pegboard test. Les indices pondérés en T1 sur l’IRM des noyaux gris centraux (noyau caudé, putamen antérieur, putamen postérieur et ganglions basaux, mais pas l’indice pallidal) présentaient une augmentation statistiquement significative de l’intensité du signal par rapport à l’augmentation de l’exposition cumulée au Mn.

Cette étude démontre que des changements pondérés en T1 peuvent être détectés dans le cerveau, même à de très faibles niveaux d’exposition chez l’homme avant tout déficit cliniquement évident. On peut penser qu’avec un suivi continu, on puisse identifier un seuil T1 de toxicité avant que des symptômes cliniques ne se manifestent.

(publié le 23 mars 2015)