Rhinites professionnelles

J.J. Braun Encyclopédie médico-Chirurgicale, Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, 2009, Oto-rhino-laryngologie, 20-361-A-10, 13p.
Bien que les rhinites soient fréquentes dans la population générale et que les rhinites professionnelles (RP) soient souvent associées à l’asthme professionnel (AP), leur individualisation nosologique, épidémiologique, physiopathologique, clinique et thérapeutique reste fragmentaire pour bien des rhinites.
Les RP sont habituellement classées en rhinites professionnelles allergiques, en rhinites professionnelles non allergiques et en rhinites professionnelles aggravées par le travail.
Les mécanismes physiopathologiques impliqués dans les RP sont "multiples, complexes et parfois intriqués et mal connus".
La prévalence de ces RP est difficile à évaluer et n’a été réellement étudiée que pour les professions à risque tels que boulangers, fermiers, peintres, personnels de santé, etc... Ainsi la prévalence rapportée dans la littérature est très variable : entre 2 et 87% pour des sujets exposés à des substances de haut poids moléculaire (SHPM) et 3% à 48% pour les substances de bas poids moléculaire (SBPM).
Différents facteurs de risque ont été mis en évidence : le niveau d’exposition (intensité et durée), l’atopie, l’âge et le sexe, le tabagisme, l’hyperréactivité nasale.
Les produits en cause sont les SHPM, les SBPM (mécanismes immunoallergiques ou non), les substances irritatives, corrosives ou toxiques (mécanismes non immunoallergiques).
La RP précède souvent l’AP et son diagnostic est souvent tardif lors de l’association RP-AP.
Le diagnostic de RP s’appuie sur la symptomatologie, l’enquête environnementale, le bilan ORL.
Le test de provocation nasale (TPN) est le test de référence pour le diagnostic positif et étiologique.
L’hyperréactivité nasale non spécifique (HRNNS) peut être impliquée et son évaluation est réalisée sur des tests de provocation à l’histamine, ou test de provocation à la carbocholine, ou à la métacholine.
Une interprétation critique de bilan immunologique est toujours nécessaire car sensibilisation ne veut pas dire maladie, il n’existe pas d’extraits commerciaux standardisés pour de nombreuses substances, la spécificité et la sensibilité sont variables et non connues pour de nombreuses substances.
Le traitement repose sur l’éviction du ou des agents professionnels responsables ; le traitement symptomatique n’est qu’une mesure accessoire. L’atopie quant à elle ne justifie pas une éviction systématique de certains patients pour des "professions à risque" mais nécessite une explication éclairée par le médecin. La précocité du diagnostic, avant l’apparition de l’AP constitue un élément essentiel de la prise en charge de cette maladie professionnelle.
La RP peut poser des problèmes d’imputabilité et de reconnaissance en maladie professionnelle.
(publié le 26 février 2010)