Intoxications oxycarbonées professionnelles en Île-de-France

J. Langrand, E. Dos santos, R. Garnier Le Concours Médical, 2018, vol.140, n°4, pp. 38-40. Références

Cet article analyse les intoxications oxycarbonées d’origine professionnelle à partir des données recueillies par le réseau de surveillance des intoxications oxycarbonées pendant la période allant du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2011.
140 accidents ont été notifiés (362 travailleurs exposés) correspondant à 8,9% de la totalité des intoxications au monoxyde de carbone (CO) rapportées au centre antipoison de Paris.
Le nombre de personnes impliquées par affaire variait entre 1 et 22 personnes, les hommes 2,06 fois plus souvent que les femmes, et d’une moyenne d’âge de 35,9 ans.
Les lieux de travail les plus impliqués étaient les établissements recevant du public, notamment des restaurants et bars, des bureaux, des magasins et centres commerciaux, des salons de coiffure et des boulangers.
Les secteurs d’activité les plus représentés étaient la construction et l’immobilier, puis la location et les services aux entreprises.
Les métiers les plus concernés étaient ceux de l’industrie et de l’artisanat et parmi eux principalement les métiers du bâtiment. Dans les métiers de service, les services directs aux particuliers étaient les plus nombreux (notamment cuisiniers, serveurs, barmen, coiffeurs).
Les sources d’exposition les plus fréquentes étaient

  • les appareils et outils à moteur thermique parmi lesquelles principalement les groupes électrogènes et les nettoyeurs à haute pression, mais aussi des dispositifs utilisés de façon inadéquate dans des locaux confinés ou insuffisamment ventilés ;
  • les appareils de chauffage, principalement des chaudières, et des appareils de chauffage impliquant le gaz, avec pour cause un défaut d’entretien.

Sur 352 personnes exposées, 258 ont été considérées comme intoxiquées par le CO avec des gravités allant de nulle (9% des cas), à grave ou mortelle dans 1,2% des cas. Les symptômes les plus fréquents étaient céphalées, vertiges/lipothymies, nausées/vomissements.

La prévention repose sur :

  • l’information des travailleurs sur les dangers du monoxyde de carbone,
  • l’information sur les risques de l’utilisation intempestive d’outils à moteur thermique, de blocs électrogènes ou d’appareils de chauffage sans système d’évacuation des gaz brûlés dans des lieux clos ;
  • le remplacement des moteurs thermiques par du matériel électrique,
  • l’utilisation systématique de détecteurs de monoxyde de carbone équipés d’alarme,
  • le respect des règles d’utilisation et d’entretien des appareils.
(publié le 31 mai 2018)