Neurotoxicité des solvants chez les garagistes

M. Vaissière, L. Julié, J. Escale, V. Toulza Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2019, vol.80, n°2, pp. 81-92. Références
L’objectif de l’étude était de savoir (comme cela est supposé) si l’exposition répétée à de faibles doses de solvants organiques (SO) sur une période supérieure à 10 ans pourrait être la cause d’une neurotoxicité centrale d’intensité plus ou moins forte en fonction de la durée d’exposition avec atteinte sensible des six fonctions neurocognitives énumérées dans le tableau des maladies professionnelles n°84 du régime général, associée à une neurotoxicité pouvant être mise en évidence par l’altération précoce du nerf optique et de la vision colorée.
C’est ainsi qu’une étude transversale a été menée pour comparer un échantillon de 30 garagistes, mécaniciens et carrossiers issus de 21 garages, exposés avec un échantillon équivalent de salariés non exposés.
L’évaluation de l’atteinte neurologique chimique a été réalisée au cours d’un entretien clinique : administration d’un questionnaire préliminaire court, questionnaire suédois Q16 de dépistage du syndrome psycho-organique chronique, étude de la vision des couleurs, puis évaluation neuropsychologique par six tests, suivi d’une visite médicale périodique de santé au travail.
Les entretiens se sont déroulés sur une période de 3 mois.
"La comparaison des moyennes entre groupes des résultats de tous les tests était davantage en faveur d’altérations dans l’échantillon des salariés non exposés que dans celui des garagistes, excepté pour le test de dextérité avec une différence significative".
Au terme de cette étude, il apparaît qu’il n’y a aucun impact neurologique des solvants organiques pour les garagistes dans les conditions d’utilisation et pour leurs niveaux d’exposition ; cela veut dire que sur des périodes de 10 à 40 ans, l’exposition professionnelle répétée à de faibles doses de SO n’a pas d’incidence neurotoxique comme cela pouvait être supposé.
Les divers biais possibles ont été pris en compte. Il existe néanmoins deux points faibles dans cette étude : le nombre réduit de sujets et l’absence de niveaux précis d’exposition.
(publié le 16 septembre 2019)