Risque de cancer de la vessie après exposition professionnelle aux fluides de coupe

E. Bourgkard Le Concours Médical, 2017, vol.129, n°5, pp.39-41. Références
Les fluides de coupe sont des liquides utilisés dans l’industrie pour leurs propriétés de lubrification et de refroidissement. Les travailleurs concernés sont les opérateurs de machine-outil ou de machine à mouler le métal, le plastique, les tourneurs sur métaux, les opérateurs de perçage des métaux.
Ces fluides de coupe contiennent de nombreux additifs et de multiples agents chimiques, dont des agents cancérogènes, parmi lesquels les hydrocarbures polycycliques (HAP), les nitrosamines, le formaldéhyde, les métaux, et les agents microbiologiques qui peuvent produire des toxines.
L’exposition des travailleurs se fait par inhalation des gouttelettes d’aérosols (restant en suspension plusieurs heures, aérosols contenant des particules ultrafines) ou par contact cutané direct ou indirect via les vêtements souillés ou par ingestion.
Depuis 1987, plusieurs études de mortalité ont été conduites au sein de cohortes de salariés employés dans l’industrie automobile, la métallurgie, la sidérurgie ou l’aérospatiale. La plupart de ces études mettent en évidence un risque de cancer de la vessie associé à certains emplois, en relation préférentiellement avec des huiles entières récentes utilisées à partir des années 1980 et constituées essentiellement d’huiles minérales. Les dernières études ne montrent pas d’association avec les expositions aux huiles solubles ou aux fluides synthétiques.
La prévention reste indispensable et suppose "une meilleure connaissance de la composition des fluides de coupe, neufs ou en cours d’utilisation".
(publié le 26 juillet 2017)