Cas de dermite urticarienne aéroportée à la chenille processionnaire du chêne chez un garde forestier

J. Razafindranaly, F. Deschamps Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2012, vol.73, n°2, pp. 155-159. Bibliographie

Il est rapporté ici un cas clinique concernant un garde forestier victime d’une urticaire géante aux chenilles processionnaires du chêne. Ce salarié vit avec sa famille dans une demeure (entourée de chênes) située dans la forêt où il travaille. Il est chargé de l’entretien des chemins forestiers, de la taille et du broyage de la végétation.
Il se plaint depuis trois ans d’une éruption cutanée à type de papule œdémateuse, prédominant aux parties découvertes, avec une recrudescence d’avril à septembre, au moment des opérations de taille et de débroussaillage.
Très handicapé par cette urticaire, il envisage une reconversion professionnelle et pour faciliter cette démarche, souhaiterait une reconnaissance en maladie professionnelle au titre du tableau 44 du régime agricole (urticaires de contact récidivant en cas de nouvelle exposition et confirmées par un test). Le prick-test confectionné à partir d’un broyat du contenu d’un nid de chenilles récupéré sur son lieu de travail revient positif, mais il l’est pour tout individu car indépendant d’une sensibilisation. Son intérêt est exclusivement administratif.
Sa famille présente les mêmes symptômes occasionnellement.
L’urticaire de ce salarié revêt bien un caractère professionnel néanmoins conditionné par une exposition environnementale.
La chenille processionnaire du chêne se développe dans les forêts de feuillus mais aussi sur les chênes isolés. La larve produit des poils urticants contenant une toxine du 3e au 6e stade larvaire. Ces poils sont dispersés par le vent et peuvent être à l’origine d’épidémies de manifestations urticariennes.
Il existe différents moyens de lutte contre cette chenille : traitements phytosanitaires biologique ou chimique, destruction mécanique, piégeage par confusion hormonale ou lutte biologique par prédation naturelle.
Dans le cas présent, deux axes de prévention pourraient être utilisés :

  • soit localement : une lutte mécanique et le piégeage par confusion hormonale des nids de chenilles sur les arbres les plus proches de l’habitation et du lieu de travail, mais ces mesures sont très coûteuses ;
  • soit régionalement, un traitement biologique au BTI (Bacillus thuriengensis, variété Israelis), non toxique pour l’homme ou l’environnement, mais qui est mis en place par l’office national des forêts et les communes.

Dans ce cas précis, les mesures telles que cabine de tracteur ventilée ou port de vêtements amples et couvrants donc chauds est illusoire, le travail se faisant souvent en dehors du tracteur et en période estivale.

(publié le 24 août 2012)