Fievre Q et milieu professionnel
Où en est-on ?

V. Caron, Y. Cosset Documents pour le Médecin du Travail, 2010, n°123, pp.349-352. Bibliographie
La fièvre Q est une maladie ubiquitaire sauf en Nouvelle-Zélande. Le nombre de cas serait en augmentation dans plusieurs pays d’Europe, notamment aux Pays-Bas.
En France, la prévalence de cette affection est mal connue.
La fièvre Q est une maladie bactérienne le plus souvent asymptomatique et/ou bénigne mais qui peut devenir grave chez les patients présentant des anomalies valvulaires ou vasculaires, les patients immuno-déprimés et les femmes enceintes.
L’affection touche tous les mammifères et les oiseaux. Elle est surtout connue en France chez les ovins, les caprins, et les bovins qui constituent le réservoir principal.
Chez l’animal, la maladie est habituellement asymptomatique et les animaux peuvent être porteurs sains et excréteurs de la bactérie. Elle peut être à l’origine d’avortements et de mises bas précoces ou de signes respiratoires. Les animaux excrètent la bactérie par les sécrétions vaginales, le placenta et les produits de mise bas, par les fèces et le lait.
L’homme se contamine essentiellement par voie aérienne en inhalant des aérosols à partir de produits contaminés par des déjections animales ou des produits d’avortement ou de mise bas. La bactérie survit très longtemps dans l’environnement (jusqu’à 150 jours dans le sol et plus de six mois dans la laine).
La maladie chez l’homme est asymptomatique dans plus de 50% des cas ; la forme aiguë est polymorphe (fièvre isolée prolongée, syndrome pseudo grippal, hépatite, pneumopathie, atteinte neurologique, cardiaque, dermatologique, rhumatologique ....). La forme chronique se manifeste par des endocardites, une infection vasculaire, des fausses couches à répétition.
Sont à risque de contamination, tous les professionnels exposés aux viscères des mammifères, à leurs déjections, à leur litières, à leur laine, à leur cuir. Sont principalement concernés, éleveurs, vétérinaires, inséminateurs, personnels d’abattoir et d’équarrissage ; mais des cas de fièvre Q ont été décrits chez des populations urbaine et semi-urbaine à partir d’aérosols transportant la bactérie jusqu’à 5 km.
La prévention repose sur les mesures relatives aux réservoirs animaux : dépistage et surveillance sérologique animale régulière, application d’une quarantaine pour les animaux importés, et si les animaux sont malades : mesures d’isolement, désinfection des aires de mise bas sans utiliser des jets d’eau à trop haute pression, traitement du fumier, respect des règles d’épandage, traitement antibiotique des animaux. La vaccination des cheptels est désormais possible.
Les mesures individuelles concerneront le respect des règles d’hygiène de base, le port d’équipements de protection individuelle.
Les recommandations de l’Afssa (agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui consistent à limiter le risque d’exposition pour les sujets à risque (personnes immuno-déprimées, atteintes de valvulopathies cardiaques, femmes enceintes) doivent être respectées.
A l’embauche, il est important d’informer les salariés exposés sur les signes cliniques de la maladie et il faudra rechercher chez eux, les facteurs de risque de fièvre Q chronique. La surveillance médicale du personnel sera renforcée dans un élevage atteint de fièvre Q. Les médecins des régions les plus concernées seront sensibilisés à la maladie et aux moyens diagnostiques.
La fièvre Q est une maladie professionnelle indemnisable sous l’appellation "rickettsioses" (tableau n°53 B pour le régime général et n°49 B pour le régime agricole).
(publié le 9 novembre 2010)