Le syndrome toxique des poussières organiques (Organic Dust Toxic Syndrome - ODTS)

C. Paris Références en Santé au Travail, 2014, n°140, pp.109-124. bibliographie
Le syndrome toxique des poussières organiques (Organic Dust Toxic Syndrome - ODTS - en anglais) est une entité associant un syndrome pseudogrippal et des manifestations respiratoires telles qu’une toux, une dyspnée ou une oppression thoracique.
La première observation est publiée en 1974 chez un patient ayant nettoyé un silo à grains et sera étiquetée "poumon de fermier sans précipitines spécifiques".
D’autres descriptions suivront toujours dans ce secteur des silos à grains mais depuis, de nombreux travaux ont aussi établi la présence de cette pathologie dans d’autres secteurs professionnels tels l’élevage intensif de porcs ou de volailles, le traitement des déchets ou la présence d’humidificateurs ou de climatiseurs contaminés.
Les mécanismes impliqués ne sont pas connus avec précision mais les spécialistes s’accordent pour une origine immuno-inflammatoire et non immuno-allergique.
Les agents suspectés sont des endotoxines, des peptidoglycanes, des bêta-glucanes (polymères de glucose), voire des contaminations fongiques elles-mêmes. Mais il n’y a pas à ce jour d’agent étiologique clairement identifié. Il est même fort probable que ce syndrome résulte de l’action de plusieurs de ces agents qui sont étroitement associés dans ce type de milieu fortement contaminé en poussières organiques de nature diverse.
L’établissement d’une relation dose-réponse reste difficile dans le syndrome toxique des poussières organiques.
Bien que le syndrome toxique des poussières organiques ait une évolution spontanément favorable (en 12 à 48 heures), il existe un risque de développement d’une BPCO, en particulier lors d’exposition chronique.
Le diagnostic repose essentiellement sur la clinique et les circonstances d’exposition. Les explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) sont le plus souvent normales au décours de ce syndrome.
La prévention sera collective (réduction des niveaux d’exposition, ventilation générale des locaux, automatisation des tâches, capotage de certains équipements, etc) et individuelle lors de phases particulièrement exposantes (port d’appareils de protection respiratoire adaptés munis au minimum de filtres P2, voire d’appareil respiratoire isolant en cas d’atmosphère appauvrie en oxygène).
Les symptômes évocateurs associant fièvre et signes respiratoires doivent être recherchés de manière systématique auprès des travailleurs exposés aux poussières organiques.
Il n’existe pas de tableau de maladie professionnelle pour le syndrome toxique des poussières organiques. Cependant, certains tableaux permettent de reconnaître ce syndrome toxique lors de certains travaux exposants. Certains auteurs proposent de le déclarer en accident de travail.
(publié le 20 avril 2015)