Ornithose-psittacose et milieu professionnel : où en est-on ?

V. Caron Références en Santé au Travail, 2012, n°132, pp. 69-74. Bibliographie
L’ornithose-psittacose est une zoonose due à une infection par Chlamydia psittaci (C.psittaci), transmise à l’homme par inhalation d’aérosols contaminés par les fientes de différentes espèces d’oiseaux sauvages et domestiques. Toutes les souches de C.psittaci sont pathogènes pour l’homme mais les plus virulentes en France seraient celles issues des perroquets et des canards.
L’infection souvent bénigne, voire inapparente peut être grave : fièvre supérieure à 39 °C, céphalées intenses, myalgie, toux sèche, éventuellement pneumopathie sévère, voire mortelle. Il existe aussi des formes extrarespiratoires (myocardite, endocardite, hépatite, méningite).
Le diagnostic est difficile du fait de la non spécificité des signes cliniques et de la difficulté de le confirmer par des examens biologiques. Le diagnostic de certitude impose deux sérologies effectuées à 15 jours d’intervalle faites sur des prélèvements de liquide broncho-alvéolaire ou rhinopharyngé ; il peut exister des sérologies croisées avec d’autres types de Chlamydiae.
Les cas professionnels sont le fait de contact avec des oiseaux d’ornement et de volailles ; le risque est plus important en cas d’agitation des oiseaux qui favorise la mise en suspension dans l’air, d’aérosols contaminés.
Sont concernés les éleveurs et ramasseurs de volailles, les employés des abattoirs et des couvoirs, le personnel de collecte et de valorisation des plumes, les éleveurs d’oiseaux d’agrément et les employés d’animalerie de compagnie, certains ouvriers du bâtiment chargés de travailler dans des locaux souillés par des fientes.
Il a été reconnu une incidence élevée des cas dans l’Ouest de la France ; la séroprévalence atteint 44% chez les professionnels de la filière avicole, selon une enquête de la Mutualité sociale agricole (MSA).
La maladie n’est plus à déclaration obligatoire chez l’homme depuis 1986.
L’ornithose-psittacose et reconnue comme maladie professionnelle au titre des tableaux n°87 du régime général et n°52 du régime agricole.
La prévention repose sur la mise en quarantaine des oiseaux d’ornement en cas d’importation ; les animaux malades seront isolés et soignés par un personnel autorisé et protégé (appareil de protection respiratoire de type FFP2).
Dans les élevages de volailles, les animaux malades seront euthanasiés.
Il est indispensable d’optimiser les conditions d’élevage en évitant le surpeuplement et le stress des animaux, de capter les poussières.
Lors du travail sur les toits, il est conseillé d’humidifier les lieux et de nettoyer avec des jets d’eaux à faible pression.
Dans les conditions défavorables, il est conseillé un appareil de protection respiratoire de type FFP2.
L’information des personnes concernées est primordiale (opérateurs y compris intérimaires et nouveaux arrivants, et directeurs d’entreprises), de même que la sensibilisation des médecins traitants (compte tenu de l’importance d’un traitement antibiotique spécifique à mettre en place rapidement).
(publié le 11 mars 2013)