Déclaration et reconnaissance en maladie professionnelle après dépistage tomodensitométrique de maladies pleuropulmonaires bénignes dans le programme multirégional de surveillance post professionnelle de personnes exposées à l’amiante

A. Gislard, E. Schorbe, M ; letourneux, J. Ameille, P. Brochard, B. Clin, F. Conso, F. Laurent, A. Luc, C. Paris, J-C. Pairon Revue d’épidémiologie et de santé publique, 2013, vol. 61, n°1, pp. 11-20

"L’objectif de ce travail est de décrire, chez des sujets ayant subi une exposition professionnelle à l’amiante, le pourcentage de déclarations et de reconnaissances en maladie professionnelle après qu’une anomalie bénigne ait été dépistée par examen TDM thoracique".

L’étude s’est déroulée dans quatre régions pilotes : Aquitaine, Haute- et Basse-Normandie, et Rhône-Alpes, auprès des assurés du régime général de l’Assurance maladie mais seulement auprès des salariés suffisamment motivés pour avoir renseigné et retourné l’auto-questionnaire et pour avoir réalisé l’examen tomodensitométrique (TDM) proposé.
Le recrutement des volontaires s’est déroulé d’octobre 2003 à janvier 2004 selon les régions..
C’est ainsi que l’analyse des déclarations de maladie professionnelle a été réalisée sur 5544 personnes qui n’ont pas présenté de cancer pleuropulmonaire durant le suivi. Plus de 95% étaient des hommes et 67,8% d’entre eux avaient entre 60 et 70 ans.
Jusqu’en mai 2010, le nombre des affections bénignes liées à l’amiante reconnues au titre des maladies professionnelles (tableaux n°30A et/ou 30B) s’élevait à 937. Cela représente au total 17,2% des sujets ayant bénéficié de l’examen TDM thoracique. Il s’agissait majoritairement de plaques pleurales (90,5%).
Plus de 4 mois après l’examen TDM, le taux de reconnaissance est de l’ordre de 64% pour des sujets ayant des plaques pleurales retenues par le radiologue ayant réalisé l’examen. Le délai moyen entre la réalisation de l’examen TDM thoracique et la reconnaissance en MP est de 7,4 mois, plus court lorsque le bilan est coordonné dans des structures spécialisées.
On peut s’étonner du nombre de personnes qui ne bénéficient toujours pas d’une reconnaissance de leur maladie professionnelle. Cela n’est pas en relation avec un refus de la part de cet organisme.
ll convient donc de mettre en place un dispositif facilitant la déclaration et la reconnaissance des anomalies TDM thoraciques en utilisant probablement une meilleure formation des acteurs médicaux impliqués et un circuit permettant d’homogénéiser les interprétations des anomalies TDM thoraciques.

(publié le 4 avril 2013)