Allergies respiratoires chez les professionnels du bois

A. Vial-Dupuy
La filière du bois est constituée de multiples activités allant de la sylviculture et l’exploitation forestière à la construction, en passant par le sciage, la manufacture du bois, le travail artisanal sur bois ou l’industrie du papier et du carton. Les expositions sont très variables en fonction de la filière considérée.
Les pathologies respiratoires liées à l’inhalation de poussières de bois sont essentiellement l’asthme et la rhinite. Plus rarement des cas de pneumopathie d’hypersensibilité (PHS) ont été rapportées en lien avec des moisissures.
On décrit les asthmes immunologiques IgE médiés en lien avec des agents de haut poids moléculaire (différentes essences de bois sont incriminées) mais aussi en lien avec des pollens d’arbres. Mais les asthmes immunologiques non IgE médiés sont les plus souvent en cause chez les professionnels du bois et notamment en cas d’exposition aux diverses poussières de bois, mais aussi à l’acide abiétique composant de la colophane, aux monoterpènes émanant des résines de conifères, aux moisissures, aux ammoniums quaternaires contenus dans les produits de traitement du bois, aux acrylates présents dans les vernis et les colles, aux isocyanates ou au formaldéhyde.
Des asthmes non immunologiques sont décrits en cas d’exposition aiguë et intense et notamment chez des ouvriers d’usine de pâte à papier exposés à des émanations de chlore ou de dioxyde de chlore.
En France, en 2009, l’asthme chez les travailleurs du bois représente 37% des asthmes professionnels (réseau RNV3P).
"Le diagnostic d’asthme professionnel chez les travailleurs du bois repose sur l’association d’une clinique compatible, d’une rythmicité professionnelle de l’exposition à un agent suspect....., de la mise en évidence d’un trouble ventilatoire obstructif réversible ou d’une hyperréactivité bronchique non spécifique et éventuellement d’un test de provocation (nasale ou bronchique)". Une étude de poste est indispensable.
"Le diagnostic de PHS professionnelle repose sur un tableau clinico-radiologique compatible et la preuve de l’exposition antigénique professionnelle ; présence d’IgG spécifiques d’une moisissure du bois et/ou un prélèvement mycologique positif sur le lieu de travail.
La prévention repose sur la ventilation générale et l’aménagement des locaux visant à limiter l’empoussièrement lié au travail du bois, l’exposition aux substances chimiques et l’humidité favorisant la croissance des moisissures."
La réparation se faite au titre de différents tableaux du régime général ou du régime agricole.
(publié le 4 septembre 2015)