Main et pathologies professionelles

B. Fouquet, A. Roulet, A. Descatha, C. Hérisson Pathologies professionnelles et médecine de réadaptation,
Entretiens de médecine physique et de réadaptation
Sauramps Medical, Montpellier, 2013, 167 pages.
Les mains sont des organes complexes doués de multiples fonctions. Elles sont impliquées non seulement dans les activités professionnelles mais aussi dans tous les actes du quotidien. Elles sont un outil, un porte-outil, une interface machine et autorisent trois fonctions principales : la dextérité, la sensibilité et la force.
Les accidents du travail (139 000 accidents de la main déclarés en 2010) et/ou les maladies professionnelles (plus de 30% des pathologies reconnues d’origine professionnelle concernent des pathologies de la main et du poignet) ont un impact majeur en lien avec des incapacités temporaires ou définitives, un impact en termes de qualité de vie mais aussi un poids économique et social très important.
Les atteintes professionnelles sont essentiellement dominées par les traumatismes des mains et les troubles musculosquelettiques.
Le syndrome du canal carpien (SCC) est un problème majeur de santé au travail ; il concerne 10% ou plus des salariés dans des professions spécifiques. Si certains facteurs individuels ont été rapportés, plusieurs études montrent l’association entre les SCC et les mouvements répétitifs, l’exposition aux vibrations, les mouvements de flexion/extension du poignet et le travail en force mais font aussi état de facteurs liés à l’organisation du travail et de facteurs psychosociaux.
L’examen physique de la main et du poignet est un des éléments clés d’orientation diagnostique en cas de phénomènes douloureux. Toutefois, une méthodologie rigoureuse d’évaluation est nécessaire, complétée par l’examen échographique, l’imagerie radiographique ostéo-articulaire et éventuellement une exploration électrophysiologique.
Lors du retour à l’emploi, l’évaluation de la capacité fonctionnelle est essentielle (douleur, impotence fonctionnelle, troubles de la sensibilité, limitation des mobilités articulaires, diminution de la force musculaire,etc.).
La démarche de retour à l’emploi est un travail en réseau pluridisciplinaire : le médecin du travail doit être sollicité par les équipes médicales traitantes suffisamment tôt, surtout si des restrictions d’aptitude au poste de travail initial sont à prévoir. La visite de pré-reprise permet d’envisager des aménagements et à défaut de prévoir un reclassement en fonction des possibilités restantes.
(publié le 30 janvier 2014)